« Brisé » et « abandonné » : la véritable histoire derrière le transfert controversé de Mo Salah vers le club turc de Trabzonspor
La journaliste sportive britannique et auteure Melissa Reddy a levé le voile sur les détails émotionnels et tactiques qui ont conduit à la sortie dramatique de Mohamed Salah de Liverpool, expliquant la profonde détresse du joueur à Anfield et ses motivations à rejoindre les géants turcs de Trabzonspor.
À lire aussi : Pas de conte de fées : Mohamed Salah reste muet alors que Trabzonspor trébuche en Europe
Un rêve brisé à Anfield
Invitée du podcast On The Continent pour promouvoir son nouveau livre, Only Mo Salah, Reddy a expliqué qu’après sa dernière prolongation de contrat, Salah avait trouvé une paix intérieure immense.
« Il s’est assis, a réfléchi à sa carrière et s’est rendu compte qu’il avait enfin trouvé sa maison », souligne Reddy, ajoutant qu’il envisageait de prendre sa retraite à Anfield et que sa famille était ravie de rester installée dans la ville.
Cependant, la situation s’est rapidement détériorée seulement quatre mois plus tard.
« Il était un homme brisé, le cœur en miettes, parce qu’il ne comprenait pas ce qui se passait autour de lui et pourquoi personne au club ne prenait sa défense », a-t-elle révélé.
Bouleversements tactiques et sentiment d’abandon
L’été 2026 a marqué un bouleversement majeur dans la structure offensive de Liverpool sous la houlette d’Arne Slot. Les départs émouvants de proches alliés comme Trent Alexander-Arnold, Luis Díaz et Darwin Núñez ont été aggravés par les arrivées à 300 millions de livres de Florian Wirtz, Alexander Isak et Hugo Ekitike.
Reddy explique que Salah a été contraint d’adopter un rôle plus reculé, davantage axé sur la création défensive, afin de laisser la place aux coûteuses nouvelles recrues. Ce bouleversement tactique, jamais communiqué au public, a entraîné de vives critiques des supporters face à la baisse de ses statistiques de buteur.
« Salah a eu le sentiment que le club l’avait sacrifié, le laissant seul face aux critiques », affirme Reddy.
La pression a culminé lors d’une interview d’après-match très commentée face à Leeds United, que Reddy précise n’était pas une démonstration d’ego mais « une fuite de douleur profonde et de souffrance de ne pas se sentir apprécié ».
Suivant les conseils de légendes comme Steven Gerrard et Jordan Henderson, qui lui ont rappelé qu’aucun joueur ne peut gagner la guerre médiatique face à l’institution, Salah a compris qu’un départ d’un commun accord était sa seule option.
Refus des milliards saoudiens et de la MLS
Malgré l’insistance et les offres mirobolantes de la Saudi Pro League, Salah n’a jamais vu le Moyen-Orient comme une option sportive séduisante. Reddy insiste sur le fait que ses motivations reposent sur la passion et le sentiment d’appartenance, et non sur l’appât du gain.
De plus, les récits de Jordan Henderson sur les tribunes clairsemées ont dissuadé l’Égyptien, qui se nourrit d’ambiances électriques dans les stades.
Les offres avancées de franchises de Major League Soccer, centrées sur l’expansion de la marque à la David Beckham, et les approches de clubs italiens ont également été repoussées, Salah recherchant un environnement européen unique et férocement compétitif.
Les révélations de Reddy apportent un éclairage crucial sur l’un des transferts les plus retentissants de l’été. Le récit déplace la responsabilité d’un joueur en déclin naturel vers une défaillance institutionnelle de gestion humaine et de communication de la part de la direction de Liverpool.
En choisissant Trabzonspor, Salah poursuit activement un héritage romantique du football, privilégiant la connexion émotionnelle, la ferveur des supporters et la résonance culturelle à la simple capitalisation financière.