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Didier Six : « Lamine Yamal mérite le Ballon d’Or… un jour, l’Afrique gagnera la Coupe du monde »

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L'ancien sélectionneur de la Guinée livre ses impressions
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Didier Six : « Lamine Yamal mérite le Ballon d’Or… un jour, l’Afrique gagnera la Coupe du monde »
Didier Six/@gettyimages

Didier Six a marqué les esprits avec l’équipe de France dans les années 80, aux côtés du légendaire Michel Platini. Le natif de Lille a été notamment l’un des grands artisans du sacre des Bleus dans l’Euro 1984.

L’ancien ailier gauche de l’Olympique de Marseille a roulé sa bosse un peu partout, avec notamment des passages en Belgique, en Allemagne, en Angleterre et en Turquie.

Après une riche carrière de joueur, il a embrassé une carrière d’entraîneur, avec une première expérience au RC Strasbourg. Il s’est ensuite tourné vers le continent africain, où il a dirigé les sélections du Togo, de a Guinée et de l’île Maurice.

Dans un entretien accordé à “Foot Africa”, il revient sur ses expériences dans le continent africain. Il livre également son favori pour le Ballon d’Or 2026 et se prononce à cette occasion sur la nomination de Zinedine Zidane à la tête des Bleus.

Didier Six, quels sont vos futurs plans ?

Je suis toujours libre sur le marché et je reste à l’écoute des opportunités qui pourraient se présenter. Après toutes les expériences que j’ai vécues en Afrique, j’ai encore beaucoup de choses à apporter et j’aimerais pouvoir faire profiter une équipe nationale africaine de mon expérience et de ma connaissance du football du continent.

J’ai toujours éprouvé beaucoup de plaisir à travailler en Afrique et à relever les défis liés aux sélections nationales. C’est un environnement particulier, avec ses difficultés, mais aussi avec énormément de passion et de potentiel.

Quelle expérience africaine vous a le plus marqué ?

J’ai connu plusieurs expériences très fortes en Afrique, notamment au Togo et en Guinée.

Au Togo, nous avons vécu une période très difficile, notamment avec le décès des membres de la délégation en Angola. Cela a été un traumatisme pour tout le group. Emmanuel Adebayor était notre leader, nous avons passé de très bons moments.

En Guinée, l’équipe était en pleine phase de transition et la fin de cycle était évidente. Nous avions notamment Naby Keita, qui était un joueur magique dans les 40 derniers mètres.

Nous avions réussi à gagner 90 % de nos matchs de qualification. Il y avait également beaucoup de problèmes extra sportifs autour de l’équipe. Il y avait onze mois d’arriérés de salaire.

Malgré cela, j’ai intégré plusieurs jeunes joueurs comme Mamadou Kané, qui avait le même profil que N’Golo Kanté.

Il y avait beaucoup de bonheur, mais aussi énormément de problèmes internes. Je me sentais pourtant très bien dans cette équipe et je pensais que nous pouvions faire quelque chose.

La préparation pour la Coupe du monde était cependant devenue très compliquée. Nous avions notamment joué certains matchs à l’extérieur, avec des joueurs qui arrivaient en retard, des terrains synthétiques…

Puis il y a eu le coup d’État avant le match contre le Maroc. Tous nos matchs étaient pratiquement disputés à l’extérieur. Certains joueurs, comme Saïdou Sow arrivaient très tard dans la nuit.

Toutes ces circonstances ont rendu cette expérience particulièrement difficile.

Didier Six

Comment jugez-vous aujourd’hui le niveau tactique du football africain ?

Il s’est beaucoup amélioré, notamment par le bas. Toutes les petites nations ont progressé et le niveau général de la CAN est aujourd’hui très intéressant.

À la Coupe du monde, on constate également que tout le monde joue pratiquement de la même manière. Il y a beaucoup de conservation du ballon et de maîtrise du jeu.

La principale difficulté reste souvent dans les 15 ou 20 derniers mètres. Beaucoup d’équipes ont tendance à revenir derrière et à avoir du mal à faire la différence dans cette zone.

Pensez-vous que les sélections africaines peuvent désormais viser régulièrement les quarts de finale, voire les demi-finales, de la Coupe du monde ?

Un jour, une équipe africaine gagnera la Coupe du monde. Le Maroc est un très bon exemple avec des campagnes mondialistes exceptionnelles, notamment celle de 2022 ponctuée par une quadrirème place.

Les sélections africaines comptent désormais sur des entraîneurs locaux qui possèdent une expérience européenne, mais qui connaissent également parfaitement le football africain. Cette compréhension des deux environnements est très importante.

Maroc

Quelle sélection africaine vous impressionne le plus actuellement et pourquoi ?

Le Sénégal, le Maroc, l’Égypte et le Nigeria. Le niveau de ces sélections s’améliore et le football africain progresse de manière générale.

Parmi les joueurs que vous avez entraînés en Afrique, lesquels vous ont particulièrement marqué ?

Emmanuel Adebayor m’a particulièrement marqué. Avec le Togo, nous avons vécu des matchs complètement fous. C’était un joueur avec une forte personnalité, parfois difficile à gérer, mais qui était capable de faire la différence. Contrairement à ce que beaucoup de monde rapporte, il n’essayait pas d’imposer des joueurs dans le onze de départ. Mieux encore, il protégeait les entraîneurs et incitait ses coéquipiers à respecter leurs choix.

Naby Keita m’a également beaucoup marqué. C’était un joueur exceptionnel, notamment dans les 40 derniers mètres. Il avait cette capacité à faire la différence grâce à sa qualité technique, sa percussion et sa créativité. C’était un joueur capable de changer le cours d’un match à lui seul.

J’ai aussi beaucoup apprécié son état d’esprit et son influence sur le terrain. Même dans les moments difficiles, il était capable de prendre ses responsabilités et d’apporter quelque chose à l’équipe.

Emmanuel Adebayor

Qui est, selon vous, le grand favori pour le Ballon d’Or ?

Pour moi, Lamine Yamal est le grand favori. Il a gagné la Coupe du monde, un titre majeur, contrairement à Kylian Mbappé qui a certes été meilleur buteur du Mondial, mais, malheureusement pour lui, n’a gagné aucun titre.

Zidane est-il le choix idéal pour l’équipe de France après l’ère Deschamps ?

Zizou, c’est magique. Il possède quelque chose de particulier que ce soit en tant que joueur ou encore en tant qu'entraîneur. Il est normal qu'il soit le successeur de Didier Deschamps, surtout qu'il a fait de très bonnes choses avec le Real Madrid. Je pense que l'équipe de France va encore progresser sous sa direction.

Quel est, selon vous, le meilleur joueur africain de tous les temps ?

C’est difficile de n’en choisir qu’un, car chaque joueur appartient à son époque. Je citerais notamment Salif Keita, Emmanuel Adebayor et Rabah Madjer. Chacun a marqué son époque à sa manière.

Imed Ben Amara

Imed Ben Amara |

Editorar, fr

Imed Ben Amara - rédacteur sportif et éditeur web bilingue avec une expérience en création de contenus footballistiques

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