FIFA Forward Enterprise : la CONMEBOL lance des consultations avant de prendre position
La Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL) a réagi officiellement au projet FIFA Forward Enterprise. Sans s'y opposer comme l'UEFA ou la Concacaf, elle demande des précisions à la FIFA et affirme que le football doit rester la priorité.
Le débat autour du projet FIFA Forward Enterprise (FFE) continue de s'étendre aux différentes confédérations continentales. Après les prises de position de l'UEFA, de la Concacaf, de la Confédération asiatique de football (AFC) et de la Confédération africaine de football (CAF), la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL) a, à son tour, réagi officiellement.
Dans un communiqué publié le 31 juillet, l'instance basée à Luque, au Paraguay, indique avoir entamé un examen approfondi du projet présenté par la FIFA. Sans annoncer d'opposition formelle ni évoquer un boycott, elle demande des informations complémentaires avant de prendre position et réaffirme un principe qu'elle juge essentiel : « Le football avant tout. »
La CONMEBOL veut davantage de garanties
La CONMEBOL explique avoir lancé un processus de consultation avec ses dix associations membres dès la présentation du projet. Son Conseil a également été convoqué afin d'évaluer les implications de cette réforme.
L'instance sud-américaine précise avoir sollicité la FIFA pour obtenir des éclaircissements sur plusieurs points, notamment la structure de FIFA Forward Enterprise, son mode de gouvernance, son fonctionnement ainsi que ses conséquences potentielles sur l'organisation et le développement du football mondial.
Cette approche contraste avec celle de l'UEFA et de la Concacaf, qui ont exprimé des critiques beaucoup plus fermes. La CONMEBOL privilégie, pour l'instant, une phase d'analyse avant toute décision.
Un projet qui divise les confédérations
Le projet FIFA Forward Enterprise prévoit la création d'une société chargée de gérer les actifs commerciaux de la FIFA, notamment ceux liés à la Coupe du monde et à d'autres compétitions internationales. La FIFA envisage d'ouvrir jusqu'à 20 % du capital de cette nouvelle entité à des investisseurs privés afin de générer de nouvelles ressources destinées au développement du football.
Présentée comme un levier de financement, cette réforme suscite toutefois de nombreuses interrogations sur la gouvernance du football mondial et sur l'influence que pourraient exercer des investisseurs privés sur les principales compétitions internationales.
Une opposition qui s'étend à l'échelle mondiale
La réaction de la CONMEBOL intervient alors que plusieurs confédérations ont déjà exprimé leurs réserves.
L'UEFA a menacé de ne plus participer aux compétitions de la FIFA si le projet était maintenu. La Concacaf a dénoncé un manque de transparence dans le processus de consultation, tandis que l'AFC a fait part de ses préoccupations concernant la gouvernance du projet. De son côté, la CAF poursuit ses consultations avec ses 54 associations membres avant d'adopter une position officielle.
La prise de position de la CONMEBOL montre que le débat dépasse désormais les clivages traditionnels entre confédérations et prend une dimension véritablement mondiale.
Dans son communiqué, la CONMEBOL insiste sur la nécessité de préserver les principes de bonne gouvernance et de privilégier un dialogue entre toutes les parties prenantes.
Pour l'instance sud-américaine, les réformes économiques peuvent contribuer au développement du football, mais elles doivent rester au service du jeu et de ses acteurs. En réaffirmant que « le football avant tout », elle appelle la FIFA à poursuivre les consultations avant toute décision sur un projet qui pourrait transformer durablement le modèle économique du football mondial.