FIFA : l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ouvrent un nouveau front contre Infantino
La crise entre la FIFA et plusieurs de ses principales confédérations franchit un nouveau cap. L’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont publié lundi 10 août une déclaration commune très sévère contre Gianni Infantino, dénonçant une rupture de confiance liée au projet FIFA Forward Enterprise, désormais abandonné, qui prévoyait notamment la cession d’intérêts commerciaux liés à la Coupe du monde.
Signée par Aleksander Čeferin pour l’UEFA, Salman bin Ibrahim Al Khalifa pour l’AFC et Victor Montagliani pour la CONCACAF, la déclaration dépasse largement le simple désaccord sur une opération financière.
Les trois dirigeants estiment que le problème touche désormais à l’intégrité de la gouvernance du football mondial. Ils reprochent à la FIFA d’avoir présenté le projet dans un délai très court, sans consultation suffisamment large des confédérations et des associations membres.
Le texte va jusqu’à évoquer une confiance « rompue par la tromperie », accusant implicitement la direction de la FIFA d’avoir privilégié une démarche individuelle au détriment du fonctionnement collectif de l’organisation.
Cette prise de position intervient alors que le projet de vente d’une participation dans les droits commerciaux de la Coupe du monde a finalement été abandonné face à l’opposition croissante.
Les confédérations refusent que la FIFA enquête seule
L’UEFA, l’AFC et la CONCACAF contestent également la réponse apportée par la FIFA après la controverse. L’organisation avait reconnu des erreurs dans le processus et annoncé un rapport destiné au Conseil de la FIFA.
Pour les trois confédérations, cela ne suffit pas. Elles réclament une évaluation menée par un tiers totalement indépendant, estimant que la FIFA ne peut être à la fois juge et partie dans l’examen d’une décision prise par sa propre administration.
Autre sujet d’inquiétude : une réunion organisée au Maroc, à laquelle très peu de responsables élus auraient participé. Les confédérations considèrent que cet épisode renforce leurs interrogations sur la transparence et la gouvernance de la FIFA.
Un front commun qui fragilise Infantino
Au-delà du projet financier, cette déclaration révèle surtout une fracture politique profonde au sommet du football mondial. Les trois confédérations insistent sur le fait que les grandes avancées de la dernière décennie — développement des compétitions, attribution des Mondiaux 2030 et 2034 ou redistribution des ressources — sont le fruit d'un travail collectif et ne peuvent être attribuées à un seul dirigeant.
Le message adressé à Infantino est donc particulièrement clair : le football mondial doit être gouverné par le consensus, la transparence et la responsabilité collective.
La crise est d’autant plus sensible que le projet FIFA Forward Enterprise a déjà provoqué une forte contestation avant son retrait.
En affichant publiquement leur unité, l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF placent désormais la question de la gouvernance de la FIFA au cœur du débat. Une confrontation qui pourrait durablement peser sur l’avenir de la présidence d’Infantino et sur l’équilibre des pouvoirs au sein du football international.