(Vidéo) Maroc vs Cameroun à la CAN 2025 ravive les douloureux souvenirs de la demi-finale de 1988

L’un des souvenirs les plus sombres du football africain
CAN
Khaled Hegazy
Rédacteur des actualités
(Vidéo) Maroc vs Cameroun à la CAN 2025 ravive les douloureux souvenirs de la demi-finale de 1988
(Vidéo) Maroc vs Cameroun à la CAN 2025 ravive les douloureux souvenirs de la demi-finale de 1988
09.01.26 Fin Coupe d'Afrique des Nations (CAN)
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Le parcours du Maroc à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée à domicile s’accompagne d’une tension palpable, d’une anxiété sourde et de peurs non résolues, profondément ancrées dans l’histoire.

Pour les supporters marocains, ce tournoi réveille les souvenirs de 1988, une année qui hante encore la mémoire collective des Lions de l’Atlas.

Le destin a placé l’équipe nationale du Maroc face à celle du Cameroun en quarts de finale, un choc qui rouvre une vieille blessure datant d’il y a 38 ans, lorsque le rêve du Maroc à la CAN s’est brisé face aux Lions Indomptables lors d’une demi-finale dramatique à domicile.

La nuit qui a tout changé

L’élimination du Maroc en 1988 fut d’autant plus douloureuse qu’à la défaite 1-0 s’est ajoutée une scène choquante qui a laissé une cicatrice psychologique profonde.

Dès la neuvième minute de cette demi-finale, le défenseur marocain Hassan Mouahid est violemment frappé d’un coup de tête par le Camerounais André Kana-Biyik, un geste resté impuni par l’arbitre et qui a bouleversé le cours du match autant que la mémoire du football marocain.

Mouahid s’est effondré, inconscient, évacué sur civière avec une fracture du nez. À la mi-temps, une fausse rumeur a circulé dans le vestiaire marocain, affirmant que le joueur était décédé, plongeant ses coéquipiers dans la stupeur.

Interrogé par L’Equipe, l’ex-sélectionneur du Cameroun Claude Le Roy est revenu sur l’impact durable de cette nuit :

« Les supporters marocains souffrent d’un véritable traumatisme psychologique à cause de ce match. Ils m’en parlent sans cesse. Leur plus grande crainte pour la CAN 2025 était de tomber à nouveau sur le Cameroun. »

Kana-Biyik lui-même a fini par reconnaître la gravité de son geste :

« Si je faisais ça aujourd’hui, je serais banni à vie. Il y avait un coup franc, il me marquait partout, puis il m’a craché dessus. En une fraction de seconde, je lui ai mis un coup de tête. Ça aurait pu être un genou ou un coup de poing. Aujourd’hui, plus personne ne me laisserait rejouer au foot, même pas dans les matchs de quartier. »

Un vestiaire sous le choc

L’ancien ailier marocain Mustapha El Haddaoui se souvient de l’horreur vécue à la mi-temps :

« On nous a dit qu’il était mort. C’était terrifiant. Hassan, c’était comme mon grand frère, du même quartier. Imaginez entendre ça lors d’un match aussi décisif. »

L’ex-international Abdelkrim Merry ajoute :

« Quand je suis rentré chez moi après le match, ma mère m’a demandé si j’allais bien. Parce que la rumeur s’était propagée, je me suis précipité à la clinique. Heureusement, je l’ai trouvé vivant. »

38 ans plus tard : l’heure de la revanche

Près de quatre décennies plus tard, Maroc et Cameroun se retrouvent, à nouveau sur la terre marocaine.

« Les joueurs d’aujourd’hui peuvent nous venger, » lance Abdelkrim Merry. « Le football a changé. La VAR existe maintenant. Ce qui s’est passé en 1988 ne serait plus jamais toléré. »

Ce soir, alors que les Lions de l’Atlas foulent la pelouse, c’est tout un peuple qui attend non seulement la victoire, mais la délivrance.

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