Allemagne : après quatre matches, Jürgen Klopp a-t-il déjà trouvé sa formule ?
Après quatre matches de Ligue des nations, l’Allemagne de Jürgen Klopp présente un bilan encore irrégulier, avec une victoire, deux nuls et une défaite. Mais au-delà des résultats, le sélectionneur allemand estime que son équipe commence à afficher les principes de jeu qu’il souhaite installer, comme l’a encore montré le 0-0 contre la Grèce.
Klopp ne cache pas sa satisfaction. Malgré l’absence de but et les deux points laissés en route, le technicien allemand a surtout retenu le contenu produit par ses joueurs, notamment au cours d’une première période qu’il n’attendait pas à ce niveau.
« Je suis très satisfait parce que je sais d'où nous venons. Je suis très, très, très impressionné par l'équipe. Si quelque chose, je suis agréablement surpris plutôt que déçu », a-t-il expliqué après la rencontre.
Une première période qui confirme les principes de Klopp
L’Allemagne a rapidement pris le contrôle du match face à la Grèce. Pressing à la perte, mouvements offensifs et circulation du ballon ont permis à la Mannschaft de multiplier les séquences dans le camp adverse. Le principal problème est venu dans le dernier tiers, où les Allemands ont manqué de précision pour transformer leur domination en avantage au score.
Klopp l’a clairement identifié :
« Les garçons ont fourni une performance incroyable - de premier ordre à tous égards, à l'exception du fait que nous n'avons pas converti nos occasions en buts ou repéré un coéquipier mieux placé dans le dernier tiers. »
Cette remarque résume le chantier actuel. L’Allemagne semble progressivement intégrer les mécanismes recherchés par son sélectionneur, mais elle doit encore gagner en précision dans les trente derniers mètres.
Le contre-pressing, l’un des marqueurs du projet
L’un des éléments les plus révélateurs de la déclaration de Klopp concerne le contre-pressing. L’ancien entraîneur de Liverpool estime que son équipe a appliqué ce principe avec une grande efficacité pendant la rencontre.
« Notre contre-pressing a fonctionné de manière exceptionnelle 90 % du temps », estime-t-il.
Ce constat permet de mieux comprendre la direction prise par la Mannschaft. Klopp veut une équipe capable de récupérer rapidement le ballon après l’avoir perdu, de maintenir l’adversaire sous pression et de créer des situations dangereuses à partir de récupérations hautes.
Le sélectionneur allemand en connaît aussi les risques. « Le problème, c'est que pendant ces 10 % restants où ça ne marche pas, les choses peuvent devenir un peu compliquées », poursuit-il.
L’Allemagne doit donc encore gagner en constance dans cette phase du jeu. Une équipe qui presse haut s’expose forcément davantage lorsque le premier rideau est éliminé.
Une baisse de rythme après l’heure de jeu
Le 0-0 ne s’explique pas uniquement par le manque d’efficacité offensive. Klopp a également relevé une baisse de qualité dans les mouvements collectifs autour de la 60e minute.
« Nous nous sommes un peu désunis autour de la 60e minute, donc nos mouvements ont perdu un peu de leur clarté », a-t-il reconnu.
Le contexte physique a également pesé. L’Allemagne avait joué seulement trois jours auparavant et a eu davantage de difficultés à maintenir la même intensité sur l’ensemble de la rencontre.
Klopp ne souhaite donc pas tirer de conclusions trop sévères de cette baisse de régime. Face à une équipe grecque solide, maintenir pendant 90 minutes l’intensité et la coordination demandées par son système reste un défi pour un groupe encore en construction.
Le résultat reste le principal point de vigilance
Le discours de Klopp ne doit pas faire oublier le bilan comptable. Après quatre journées, l’Allemagne compte une victoire, deux nuls et une défaite. Le contenu peut satisfaire le sélectionneur, mais les résultats restent insuffisants pour considérer que la formule est déjà totalement trouvée.
C’est le principal enjeu de la suite : déterminer si les progrès observés dans le jeu peuvent rapidement se traduire par davantage de victoires.
Klopp semble déjà avoir posé plusieurs bases : un pressing agressif, un contre-pressing assumé, des mouvements permanents et une volonté de contrôler le jeu. La rencontre face à la Grèce a montré que ces principes pouvaient fonctionner sur de longues séquences.
La question n’est donc plus seulement de savoir quelle équipe Klopp veut construire. Les quatre premiers matches donnent déjà quelques éléments de réponse. Il reste maintenant à voir si l’Allemagne peut maintenir cette identité pendant 90 minutes et, surtout, convertir sa maîtrise du jeu en buts et en points.