Argentine : dernier match de Messi, le Bénin fait des révélations
Des jours après le match amical des adieux de Lionel Messi entre l’Argentine et le Bénin (3-0), un autre membre de la délégation des Guépars est sorti du silence.
Dans la nuit de mardi dernier à mercredi, le monde du football a assisté aux adieux de Lionel Messi à la sélection argentine à l’occasion d’un match amical face au Bénin (3-0). Des heures après la rencontre, le sélectionneur des Guépards, Gernot Rohr, avait publiquement reproché l’attitude des Argentins. « Le seul point noir, c’est que les Argentins ne nous ont rien donné. Pas une photo de Messi, pas un maillot. Ils ne nous ont même pas laissé entrer dans le couloir, même pas dans le vestiaire, la sécurité refusait tout le monde. Il y a des joueurs qui sont venus pour échanger leurs maillots, on savait que ça allait être difficile. On a tout essayé, mais on n’a rien eu. On a offert un bouquet de fleurs aux couleurs du Bénin, jaune, rouge et vert, mais ça n’a pas marché. », avait-il déclaré au micro de RMC.
Tunde Adelakun raconte les émotions vécues
Ce lundi, l'adjoint Tunde Adelakun de Gernot Rohr a pris la parole dans un long message publié sur The African Football Club. Il y a retracé les émotions vécues par toute une équipe et son staff.
« Lorsque, quelques jours seulement avant l’ouverture du stage préparatoire aux deux premiers matchs de groupe des qualifications pour la CAN 2027, nous avons appris que nous allions nous rendre à Buenos Aires pour disputer un match amical contre l’Argentine en guise d’hommage final au grand Lionel Messi, nous (le staff, ndlr) avons été envahis par une joie silencieuse et maîtrisée. Silencieuse et maîtrisée, car nous devions montrer l’exemple, en tant que membres du staff technique, et ne pas laisser transparaître d’émotions qui auraient pu détourner notre attention des deux matchs importants qui nous attendaient : un déplacement délicat face au Burkina Faso, favori de la poule, puis une rencontre « à domicile » contre la Mauritanie à Abidjan », a-t-il confié.
Suite à l’excitation, place à l’impatience due à un voyage à rallonge pour les Guépards : « Treize longues heures de Paris à Buenos Aires, sans oublier les six premières heures d’Abidjan à Paris et l’escale. Une journée entière de voyage, réparti en trois groupes, pour disputer ce match. Mais pour beaucoup d’entre nous, comme moi, cela valait largement la peine. »
L'attitude des Argentins dénoncé
Si Gernot Rohr a témoigné de l’inaccessibilité de Lionel Messi, Tunde Adelakun en a rajouté une couche en dénonçant à son tour l’attitude des Argentins. « En tant qu’équipe, les Guépards du Bénin sont venus rendre hommage à Messi. L’équipe a voyagé dans des conditions extrêmement difficiles pour offrir à cet homme un adieu digne de lui. Ce qui m’a frappé, c’est le refus très évident et flagrant de l’équipe argentine de vouloir avoir quoi que ce soit à faire avec mon équipe après le match. Les poignées de main à la fin de la rencontre ont été précipitées et impersonnelles. Et toute tentative de nos joueurs de s’approcher de l’homme qu’ils étaient venus célébrer a été repoussée de manière plutôt hostile par les agents de sécurité présents sur place. Il est clair qu’ils ne voulaient collectivement pas se trouver au même endroit que mon équipe du Bénin. C’était plutôt dérangeant. Certains de nos joueurs, qui sont assez jeunes et qui ont grandi en idolâtrant Lionel Messi, voulaient l’apercevoir, prendre des photos et lui serrer la main. Cela n’a pas été possible. Lorsqu’ils ont formé une haie d’honneur en son honneur, quelqu’un a suggéré que notre équipe s’aligne pour l’applaudir à son passage. À voir la rapidité avec laquelle les agents de sécurité ont dispersé le petit groupe de joueurs qui s’était formé, on aurait pu croire que mes garçons étaient des voyous en pleine émeute », a-t-il écrit.
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Il a ajouté : « Alors que nous étions en train de débattre pour savoir si les agents de sécurité avaient dépassé les bornes en appliquant les consignes de contrôle des foules, le coup de grâce est tombé. Lionel Messi effectuait un tour d’honneur autour du terrain sous les applaudissements de la foule. Il a fait le tour complet du terrain avec ses coéquipiers, lentement, en savourant les applaudissements. Vers la fin du tour, certains de mes joueurs se sont alignés le long de ce qui devait être son chemin naturel pour terminer le tour d’honneur. C’était lui qui menait. Mes garçons étaient là. Ils voulaient simplement qu’il marche vers eux pour qu’ils puissent l’applaudir et lui témoigner leur admiration. Au tout dernier moment, Leo a fait un détour inattendu et, évitant délibérément le groupe de joueurs béninois qui s’était formé, s’est dirigé vers le centre du terrain. Ce fut un nouveau coup bas de la part d’un homme vénéré par beaucoup et qui, dans l’esprit de nombreux jeunes Africains, ne pouvait pas faire de mal. Cela soulevait une question : si c’était l’Angleterre ou l’Espagne qui était venue disputer ce match d’adieu contre l’Argentine pour faire ses adieux à Messi, auraient-elles été traitées de la même manière que le Bénin ? »