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FIFA : après sa victoire sur le projet FFE, l'UEFA vise désormais la gouvernance d'Infantino

Une destitution en vue ?
Monde
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FIFA : après sa victoire sur le projet FFE, l'UEFA vise désormais la gouvernance d'Infantino
UEFA

L'UEFA savoure sa victoire après le retrait du projet FIFA Forward Enterprise (FFE) mais elle reste sur son offensive. Dans un communiqué publié ce samedi 1er août par l'instance européenne montre que le conflit avec la FIFA ne s'arrête pas à l'abandon de cette réforme controversée. Au contraire, l'organisation dirigée par Aleksander Čeferin semble désormais déplacer le débat vers une question plus large : celle de la gouvernance de Gianni Infantino.

L'UEFA exprime la satisfaction après le retrait du projet de vente d'une participation dans la Coupe du monde à des investisseurs privés. Cependant l'instance dresse un réquisitoire contre la manière dont la FIFA est dirigée. Un changement de ton qui pourrait peser sur les équilibres politiques à quelques mois de l'élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027.

Une crise qui dépasse désormais le projet FFE

Dans son communiqué, l'UEFA remercie les fédérations, les ligues, les clubs, les joueurs ainsi que les responsables politiques qui se sont mobilisés contre le projet FFE. L'instance européenne considère que cette opposition collective a permis d'empêcher une réforme qu'elle jugeait contraire aux intérêts du football mondial.

Mais le passage le plus marquant intervient lorsqu'elle affirme que « la direction actuelle de la FIFA a perdu la confiance non seulement de l'UEFA, mais aussi de nombreux autres membres de la famille du football ».

Cette déclaration constitue un tournant. Jusqu'ici, les critiques visaient essentiellement le projet de privatisation partielle des compétitions de la FIFA. Désormais, c'est la gouvernance même de Gianni Infantino qui est remise en cause.

Les promesses de 2016 rappelées à Gianni Infantino

L'UEFA ne se contente pas de dénoncer le processus ayant conduit au projet FFE. Elle revient également sur les engagements pris par Gianni Infantino lors de sa campagne à la présidence de la FIFA en 2016.

L'instance rappelle qu'il avait promis une gouvernance transparente, une implication permanente des associations membres dans les décisions de la FIFA et une gestion des ressources financières exclusivement tournée vers le développement du football.

Selon l'UEFA, ces engagements n'ont pas été respectés. Elle estime que le projet FFE a été élaboré dans le secret, sans véritable consultation des fédérations, et qu'il contredisait directement les principes de transparence défendus par son président il y a dix ans.

L'organisation souligne également que la FIFA dispose de plus de 5 milliards de dollars de réserves et considère que ces ressources auraient pu être utilisées pour renforcer le programme FIFA Forward sans ouvrir le capital des compétitions à des investisseurs privés.

Une stratégie qui prépare l'échéance de 2027 ?

L'UEFA ne réclame pas explicitement le départ de Gianni Infantino. En revanche, elle annonce qu'elle travaillera avec ses associations membres et les autres confédérations pour analyser cette crise et proposer de nouvelles garanties afin qu'une telle situation ne puisse plus se reproduire.

Cette démarche intervient après une séquence durant laquelle plusieurs confédérations ont publiquement pris leurs distances avec le projet FFE. La CONCACAF l'a officiellement rejeté après une réunion de ses 41 fédérations membres. La Confédération asiatique (AFC) a exprimé sa solidarité avec l'UEFA et dénoncé un manque de transparence, tandis que la CONMEBOL a réclamé des clarifications sur la gouvernance et les implications du projet.

Face à cette contestation grandissante, Gianni Infantino a finalement annoncé le retrait du projet dans une déclaration accordée à Sky News, estimant que les divisions créées n'étaient plus compatibles avec l'objectif recherché.

Le début d'un nouveau rapport de force

L'abandon du projet FFE ne semble donc être qu'une première étape. Le communiqué de l'UEFA laisse entendre que la priorité est désormais de reconstruire la confiance au sein de la FIFA et de revoir les mécanismes de gouvernance de l'organisation.

À quelques mois de l'élection présidentielle de 2027, cette prise de position pourrait annoncer un affrontement plus politique. Sans évoquer directement un changement de président, l'UEFA adresse un message clair : pour elle, la crise provoquée par le projet FFE révèle des dysfonctionnements bien plus profonds que le simple abandon d'une réforme commerciale.

La bataille contre la privatisation de la Coupe du monde est terminée. Celle autour de la gouvernance de la FIFA, en revanche, ne fait peut-être que commencer.

Nouya M'toama

Nouya M'toama |

Editorfr, en

Journaliste polyvalent spécialisé dans l’actualité sportive et politique, il possède une solide expérience dans les médias radio, presse écrite et numériques.

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