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FIFA : la CONCACAF prépare-t-elle à son tour une fronde contre Gianni Infantino ?

À huit mois de l'élection présidentielle de la FIFA, ce changement de ton pourrait marquer un tournant politique majeur
Monde
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FIFA : la CONCACAF prépare-t-elle à son tour une fronde contre Gianni Infantino ?
CONCACAF

Le retrait du projet FIFA Forward Enterprise (FFE) n'a pas mis fin à la crise qui secoue la FIFA. Au contraire. Après l'UEFA, la CONCACAF vient de publier un communiqué particulièrement sévère qui dépasse largement la question de la privatisation de la Coupe du monde. Si elle salue l'abandon du projet, la confédération nord-américaine remet désormais ouvertement en cause la gouvernance et le leadership de Gianni Infantino.

À huit mois de l'élection présidentielle de la FIFA, ce changement de ton pourrait marquer un tournant politique majeur.

La CONCACAF ne critique plus seulement un projet, mais une présidence

Contrairement à son premier communiqué, qui dénonçait essentiellement le manque de transparence autour du projet FFE, la CONCACAF cible désormais directement la manière dont la FIFA est dirigée.

L'instance estime que « l'avenir de la Coupe du monde a été décidé en dehors de tout cadre de gouvernance établi, sans transparence, sans consultation et sans procédure régulière ».

Plus encore, elle considère que cette affaire n'est pas un incident isolé.

Selon la CONCACAF, « une proposition de cette ampleur n'arrive pas à ce stade par hasard. C'est le symptôme d'une direction qui a cessé de privilégier le football ».

Une accusation extrêmement forte, qui vise directement la présidence de Gianni Infantino.

Un appel inédit à examiner la gouvernance de la FIFA

Le passage le plus significatif du communiqué intervient lorsque la CONCACAF réclame « un examen approfondi de cette présidence ».

Cette formulation dépasse largement une simple demande d'explications sur le projet FFE. Pour la première fois, une grande confédération demande officiellement que le fonctionnement de la présidence de Gianni Infantino fasse l'objet d'un examen institutionnel.

La CONCACAF estime également que la FIFA ne peut être gérée comme une entreprise privée. Elle rappelle que ses dirigeants exercent une mission fiduciaire au nom des 211 associations membres et que leur devoir de servir le football doit toujours primer sur toute autre considération.

Le communiqué va encore plus loin en affirmant que « lorsque ce devoir n'est pas respecté, la responsabilité ne peut être ignorée », laissant entendre que cette crise pourrait avoir des conséquences politiques.

Une stratégie proche de celle de l'UEFA

Cette prise de position intervient seulement quelques heures après le communiqué de l'UEFA.

L'organisation européenne avait affirmé que « la direction actuelle de la FIFA a perdu la confiance » d'une grande partie de la famille du football. Elle avait également accusé Gianni Infantino d'avoir renié les promesses de transparence et de bonne gouvernance formulées lors de son élection en 2016.

La CONCACAF adopte désormais une ligne très proche. Sans demander explicitement le départ du président de la FIFA, elle réclame que les questions de gouvernance, de responsabilité et de leadership soient examinées par le Conseil de la FIFA conformément aux statuts de l'organisation.

Cette convergence entre deux des six confédérations continentales est loin d'être anodine. Ensemble, l'UEFA et la CONCACAF représentent près d'une centaine de fédérations nationales au sein de la FIFA.

Vers un front politique avant l'élection de 2027 ?

Le communiqué révèle également la stratégie que souhaite désormais suivre la CONCACAF. Ses représentants au Conseil de la FIFA ont reçu pour mandat de porter ce débat directement au sein des instances dirigeantes de l'organisation. L'objectif affiché est double : renforcer les règles de gouvernance et obtenir une meilleure utilisation des importantes réserves financières de la FIFA pour développer le football, sans recourir à des investisseurs privés.

En conclusion de son texte, la confédération délivre un message particulièrement symbolique : « le football restera là où il doit être : entre les mains du football, et non entre celles d'un seul individu. »

Sans citer Gianni Infantino, cette phrase apparaît comme la critique la plus personnelle formulée jusqu'ici contre sa gouvernance.

Après avoir remporté la bataille contre le projet FFE, l'UEFA et la CONCACAF semblent désormais ouvrir un nouveau front : celui de la gouvernance de la FIFA. À quelques mois de l'élection présidentielle de 2027, cette succession de prises de position pourrait annoncer une remise en question plus profonde du leadership de Gianni Infantino que le simple abandon d'une réforme commerciale.

Nouya M'toama

Nouya M'toama |

Editorfr, en

Journaliste polyvalent spécialisé dans l’actualité sportive et politique, il possède une solide expérience dans les médias radio, presse écrite et numériques.

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