Italie : 115 jours sans sélectionneur, la Nazionale toujours dans l'impasse
Cent quinze jours. C'est le temps qui s'est écoulé depuis le départ de Gennaro Gattuso du banc de la Nazionale, et l'Italie n'a toujours pas de sélectionneur. Alors que la Ligue des Nations approche à grands pas, la Fédération italienne de football (FIGC) reste empêtrée dans un feuilleton qui tourne à la crise institutionnelle.
Gattuso avait quitté ses fonctions le 3 avril 2026, au lendemain de l'élimination de l'Italie en barrages face à la Bosnie-Herzégovine, qui a coûté à la Nazionale sa qualification pour le Mondial 2026. Ce départ s'était inscrit dans un vaste mouvement au sommet du football transalpin, avec les démissions successives de Gabriele Gravina à la présidence de la FIGC et de Gianluigi Buffon à la direction de la délégation.
Depuis, c'est un jeu de chaises musicales qui paralyse la reconstruction de la sélection. Paolo Maldini, arrivé comme directeur technique de la fédération aux côtés de son conseiller Leonardo, a multiplié les consultations sans parvenir à boucler un dossier.
Une liste de refus et de rebondissements
Le premier choix de Maldini et Leonardo s'appelait Pep Guardiola. Libre après dix ans à la tête de Manchester City, le technicien catalan a rencontré les dirigeants italiens, mais aucun accord n'a été trouvé : l'entraîneur espagnol souhaitait avant tout marquer une pause dans sa carrière.
Repli ensuite sur Andrea Pirlo, alors entraîneur du Dubaï United. L'ancien champion du monde 2006 semblait sur le point de résilier son contrat pour reprendre les rênes de la Nazionale. Mais l'opération a capoté ce week-end : un partenariat publicitaire liant Pirlo à Fonbet, société russe de paris sportifs, a déclenché une vague de critiques en pleine guerre en Ukraine. Le président de la FIGC, Giovanni Malago, qui s'opposait de longue date à cette nomination, a fini par faire capoter le dossier. Pirlo l'a lui-même confirmé sur les réseaux sociaux, disant avoir appris dimanche soir qu'il n'était plus candidat.
Conséquence directe : Paolo Maldini envisagerait sérieusement de démissionner, ce qui plongerait un peu plus la fédération dans l'incertitude à quelques semaines d'échéances majeures.
D'autres noms ont également été évoqués et approchés sans suite : Antonio Conte, libre depuis son départ de Naples et jugé plus expérimenté par une partie de la presse italienne, ainsi que Massimiliano Allegri, Claudio Ranieri et même Didier Deschamps ont tour à tour circulé dans les colonnes des journaux transalpins.
Un précédent qui rappelle 2017-2018
L'Italie a déjà connu une vacance plus longue par le passé. Après le limogeage de Giampiero Ventura en novembre 2017, à la suite de la non-qualification pour le Mondial 2018 face à la Suède, il avait fallu attendre la nomination de Roberto Mancini, le 14 mai 2018, soit environ six mois d'intérim assuré par Gigi Di Biagio. Les 115 jours actuels restent donc, pour l'instant, en deçà de ce record mais chaque semaine qui passe sans nom rapproche un peu plus la Nazionale de ce funeste précédent.
Reste que le calendrier ne laisse plus de marge. La Ligue des Nations approche, et l'Italie devra s'y présenter avec un banc stabilisé si elle veut éviter un nouvel épisode de flottement sportif après l'humiliation du Mondial manqué. Entre navire sans capitaine et fédération sans président stable, la Squadra Azzurra navigue toujours en eaux troubles.