Serie A : Como peut-il vraiment prétendre au Scudetto ?
Como a lancé sa saison sur les mêmes bases que celles qui lui avaient permis de terminer quatrième du dernier championnat. Avec 10 points après quatre journées, le club entraîné par Cesc Fàbregas occupe la troisième place et commence déjà à se mêler à la lutte avec les équipes annoncées parmi les candidates aux premières places.
La saison dernière, Como avait terminé quatrième avec 71 points, devant l’AC Milan et la Juventus. Cette performance lui avait offert une qualification historique pour la Ligue des champions, mais elle avait surtout révélé une équipe capable de produire du jeu et de tenir tête aux formations du haut de tableau.
Ce résultat a aussi changé les attentes autour du club. Como n’est plus seulement une équipe susceptible de surprendre sur quelques matches. Il doit désormais confirmer sur une saison entière.
Un début de saison qui confirme les progrès
Le bilan est simple : trois victoires et un nul en quatre journées. Seuls l’Inter et la Roma, auteurs d’un sans-faute, ont fait mieux. La victoire 2-1 contre Parme, lundi, a permis à Como de s’installer à la troisième place. Le classement reste encore largement provisoire, mais les résultats ne sont pas le seul élément à retenir.
Le déplacement à Naples apporte notamment un premier indicateur intéressant. Face au champion d’Italie 2024-2025, Como avait terminé la rencontre avec 58 % de possession et 21 tirs, dont six cadrés. L’équipe de Fàbregas n’avait donc pas simplement cherché à résister. Elle avait voulu jouer.
Cette volonté d’avoir le ballon et de contrôler le rythme se retrouve depuis le début du championnat. Como cherche à imposer son jeu, y compris face à des adversaires capables de lui poser davantage de problèmes.
La possession comme marqueur du projet Fàbregas
Avec 59,6 % de possession moyenne après quatre journées, Como fait partie des équipes qui monopolisent le plus le ballon en Serie A. Ce chiffre correspond au projet défendu par Fàbregas. Depuis son arrivée sur le banc, l’Espagnol cherche à installer une équipe capable de construire proprement depuis l’arrière, de progresser par la passe et de passer le plus de temps possible dans le camp adverse.
Le volume de tirs renforce cette impression. Como tourne autour de 20 tentatives par match et fait partie des équipes les plus actives dans le secteur offensif. Ces statistiques ne suffisent évidemment pas à transformer le club lombard en candidat au titre. Elles donnent néanmoins une indication sur sa capacité à contrôler les matches. Et c’est précisément ce qui peut rendre son début de saison plus significatif qu’un simple effet de classement.
L’écart avec les favoris reste réel
Pour autant, la hiérarchie du championnat n’a pas disparu en quatre journées. L’Inter conserve une longueur d’avance en matière d’expérience, de profondeur d’effectif et de vécu dans les matches à enjeu. La Roma a également commencé la saison avec quatre victoires. La Juventus et Naples, malgré un départ moins convaincant, disposent toujours de groupes construits pour viser les premières places.
Le véritable défi de Como sera donc de maintenir son niveau lorsque le championnat entrera dans une autre phase. Rivaliser avec les favoris pendant quatre ou cinq journées est une chose. Le faire pendant 38 matches en est une autre.
La profondeur de l’effectif sera déterminante
C’est probablement là que se trouve la principale incertitude. Fàbregas possède plusieurs joueurs expérimentés, comme Sergi Roberto, Marc-Oliver Kempf et Edoardo Goldaniga. Il peut aussi compter sur des éléments plus jeunes, à l’image de Nico Paz et Martin Baturina, capables d’apporter davantage de créativité. Devant, Anastasios Douvikas, Nicolas Kühn et Assane Diao offrent également plusieurs options.
Sur le papier, l’effectif présente donc une certaine variété. Mais une saison aussi longue finit toujours par mettre les groupes à l’épreuve. Les blessures, les suspensions et la fatigue permettront de mesurer la véritable profondeur de Como. C’est à ce moment-là que la comparaison avec les habitués du haut de tableau prendra tout son sens.
Lire : De la Serie B à la Ligue des Champions : Cesc Fàbregas, l’homme qui a changé le destin de Como
La Ligue des champions change aussi la donne
À cette difficulté s’ajoute la Ligue des champions. Como va découvrir une compétition qui alourdira son calendrier et obligera Fàbregas à gérer davantage de rotations. Les matches européens ne pèseront pas seulement sur les jambes des joueurs. Ils modifieront aussi la préparation des rencontres de Serie A et la gestion de l’effectif sur plusieurs semaines.
L’Inter, la Juventus ou Naples ont davantage d’expérience de ce type de calendrier. Como devra apprendre rapidement. Son ambition en championnat dépendra donc aussi de sa capacité à rester compétitif lorsqu’il faudra enchaîner les rencontres de haut niveau sans disposer du même réservoir de solutions que les clubs les mieux armés de Serie A.
Le Scudetto reste une hypothèse
Après quatre journées, il serait trop tôt pour faire de Como un favori au Scudetto. Le club doit encore montrer qu’il peut conserver ce rythme jusqu’au printemps, avec un calendrier qui deviendra progressivement plus exigeant.
Mais son début de saison mérite d’être regardé autrement qu’à travers le seul classement. La quatrième place obtenue la saison dernière, les 10 points pris en quatre journées, la maîtrise du ballon et la victoire remportée à Naples dessinent une équipe qui a franchi un cap. Como possède désormais suffisamment de garanties pour se mesurer aux meilleures équipes du championnat.
Le titre reste une perspective lointaine. Pour l’instant, le plus juste est de considérer Como comme un prétendant crédible aux premières places, avec la capacité de brouiller davantage la hiérarchie si son effectif résiste au rythme de la Serie A et de la Ligue des champions.