Briser une barrière centenaire : dans les coulisses du parcours historique de l'Égypte vers les phases finales de la Coupe du monde
L’équipe nationale égyptienne a décroché cette semaine à Seattle une qualification historique pour les 32es de finale de la Coupe du monde 2026, au terme d’une campagne de groupes des plus âpres.
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Briser une barrière centenaire
La qualification de l’Égypte au-delà de la phase de groupes en Amérique du Nord marque un jalon sans précédent dans l’histoire du football national. Si les Pharaons avaient déjà pris part à l’édition 1934, le tournoi s’y jouait alors sous un format à élimination directe dès le premier tour.
Ce parcours victorieux représente donc la toute première fois que l’Égypte franchit avec succès une phase de groupes moderne en Coupe du monde.
Pionniers du prestige continental
En validant leur billet pour les 32es de finale, l’Égypte s’inscrit dans la lignée légendaire des nations africaines qui ont bouleversé la hiérarchie mondiale.
Le Maroc avait ouvert la voie lors du Mondial 1986 au Mexique, devenant la première équipe africaine à terminer en tête d’un groupe comprenant l’Angleterre, la Pologne et le Portugal.
Quatre ans plus tard, Roger Milla et le Cameroun ont envoûté la planète lors d’Italie 1990, éliminant les champions en titre argentins et atteignant les quarts de finale, ne s’inclinant qu’après une prolongation dramatique face à l’Angleterre.
Ères de puissance et de désillusion
La fin des années 1990 et les années 2000 ont consacré l’Afrique comme une véritable menace sur la scène mondiale. La génération dorée du Nigeria a atteint les huitièmes de finale lors de deux éditions consécutives, en 1994 et 1998, puis a réédité l’exploit au Brésil en 2014.
Le Sénégal a créé la sensation en 2002 en battant la France pour ses débuts dans la compétition, égalant le record du Cameroun d’une qualification en quart de finale. Le Ghana, lui, a connu une cruelle désillusion face à l’Uruguay en 2010, échouant aux tirs au but à un souffle d’une place en demi-finale.
L’Algérie a aussi marqué l’histoire en 2014, poussant l’Allemagne, futur champion du monde, dans ses derniers retranchements au terme d’un huitième de finale d’anthologie, prolongations comprises.
Un tournant s’est opéré au Qatar en 2022, lorsque le Maroc de Walid Regragui a réalisé une épopée historique, éliminant l’Espagne puis le Portugal, pour finir quatrième, soit le meilleur résultat jamais obtenu par une nation africaine ou arabe.
La renaissance élargie de 2026
L’élargissement de la Coupe du monde 2026 à 48 équipes a ouvert la voie à une résurgence spectaculaire de l’Afrique. La FIFA a porté de 5 à 9 le nombre de places africaines garanties, permettant à de nouveaux outsiders de démontrer leur progression.
Ce changement de format a permis un véritable festival continental dès les 32es de finale. Aux côtés de l’Égypte, les Bafana Bafana d’Afrique du Sud ont franchi la phase de groupes pour la toute première fois de leur histoire, après des tentatives infructueuses en 1998, 2002 et 2010.
L’équipe sud-africaine rejoint en phase à élimination directe la Côte d’Ivoire et les surprenants Cap-Vert, preuve que l’écart mondial se réduit à vitesse grand V.
Un héritage de percées africaines en Coupe du monde
- Maroc (1986, 2022, 2026) – Apogée : Quatrième place (2022), a marqué l’histoire en devenant la première nation africaine à atteindre les demi-finales
- Cameroun (1990) – Apogée : Quarts de finale (1990), immortalisé par la célébration iconique de Roger Milla au poteau de corner
- Ghana (2006, 2010) – Apogée : Quarts de finale (2010), marqué par l’ascenseur émotionnel d’Asamoah Gyan et son penalty décisif dans les derniers instants
- Sénégal (2002, 2022) – Apogée : Quarts de finale (2002), entrée fracassante avec la victoire contre les champions du monde français lors du match d’ouverture