CAN 2025 : Maza, 20 ans, entre et entre dans l’histoire
Vladimir Petkovic l’a laissé sur le banc, préférant l’expérience d’Atal à la fougue d’un gamin. Vingt-cinq minutes plus tard, le choix paraissait déjà obsolète : l’Algérie tournait au ralenti, le Soudan plaquait ses lignes, et le public réclamait du sang neuf. Entré à la 63e, Ibrahim Maza a mis dix secondes pour effacer le doute : première touche, crochet intérieur, passe en pivot, stade en délire. Le jeune milieu de Leverkusen ne joue pas, il danse entre deux défenses, faisant surgir des espaces qu’on croyait scellés. « J’ai couru sans réfléchir, j’avais la rage de montrer », dira-t-il au micro, sourire d’enfant, voix d’homme.
À la 85e, il conclut le break : départ à vingt mètres, appel dans l’axe, frappe croisée qui claque sous la barbe du gardien. 3-0, match scellé, tribune en apnée. En une fraction, Maza devient le plus jeune buteur algérien de l’histoire de la CAN – 20 ans et 30 jours – effaçant Nabil Bentaleb (20 ans 65 jours, 2015) d’un trait de crayon. Centième but des Fennecs dans la compétition, centième raison de croire au renouveau. Les caméras le happent, ses coéquipiers le culbutent, le public scande son prénom comme une prière.
Ce soir, il quitte le terrain casque vissé, déjà ailleurs. Statut de chouchou acquis, rôle de titulaire en suspens. Petkovic, questionné, esquisse un demi-sourire : « Il a forcé la main au coach, pas au destin. » Le gamin écoute, hoche la tête, range ses crampons. Demain, il sera encore remplaçant ou pas ; l’important, dit-il, « c’est que l’équipe avance, et que je marche avec ». Entre deux générations, une passe décisive à lui-même.
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