FIFA : l'UEFA prépare une offensive judiciaire contre Gianni Infantino
L'UEFA ne lâche pas dans son offensive contre Gianni Infantino. Après avoir obtenu l'abandon du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui prévoyait l'ouverture du capital des principales compétitions de la FIFA à des investisseurs privés, l'instance européenne ne semble plus vouloir se limiter à une victoire politique. Selon les révélations de The Telegraph, elle prépare désormais une riposte judiciaire qui pourrait fragiliser davantage la présidence de Gianni Infantino.
D'après The Telegraph, l'UEFA a adressé une mise en demeure officielle à Gianni Infantino, exigeant que la FIFA conserve tous les documents, courriels et échanges électroniques liés au projet FFE. L'organisation présidée par Aleksander Čeferin avertit qu'elle envisage des actions en justice, des procédures d'arbitrage et des plaintes réglementaires contre la FIFA et les acteurs impliqués dans ce dossier.
L'UEFA a également envoyé des courriers à plusieurs personnalités et institutions associées au projet, notamment Joshua Kushner, le fonds Thrive Eternal, Greg Maffei, JP Morgan et OpenEconomics. Tous sont sommés de préserver les preuves susceptibles d'être utilisées dans une éventuelle procédure judiciaire.
L'instance européenne prévient par ailleurs que toute destruction ou modification de documents après cette notification pourrait être considérée comme une destruction de preuves, avec des sanctions à la clé.
Une stratégie qui dépasse le simple retrait du projet
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large engagée par l'UEFA depuis plusieurs jours. Après avoir menacé de boycotter les compétitions de la FIFA, obtenu le retrait du projet FFE puis publiquement remis en cause la gouvernance de Gianni Infantino, la confédération européenne passe désormais à une nouvelle étape : rechercher d'éventuelles responsabilités juridiques.
Dans son précédent communiqué, l'UEFA avait déjà affirmé que la direction actuelle de la FIFA avait perdu la confiance d'une grande partie de la famille du football et annoncé un examen approfondi des circonstances ayant permis l'élaboration du projet. Les révélations de The Telegraph montrent que cette promesse se traduit désormais par des actes concrets.
Un président de plus en plus isolé
L'abandon du projet FFE est intervenu après une opposition sans précédent. Les 55 fédérations membres de l'UEFA avaient annoncé un boycott des compétitions FIFA si le projet était maintenu. La Concacaf, l'AFC puis la CONMEBOL ont également exprimé leurs profondes réserves sur la gouvernance, le manque de transparence et l'absence de consultation autour de cette initiative.
À l'intérieur même de la FIFA, la contestation a pris de l'ampleur. Selon Sky News, le conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, a démissionné en qualifiant le projet de « mauvaise affaire », tandis que le directeur des opérations, Kevin Lamour, a dénoncé un projet porté par « une seule personne » et affirmé que le personnel avait été induit en erreur.
Une pression qui pourrait peser sur l'élection de 2027
Au-delà du volet judiciaire, cette offensive intervient à quelques mois d'une échéance majeure. L'élection présidentielle de la FIFA est prévue en mars 2027, et Gianni Infantino nourrit l'ambition de briguer un nouveau mandat.
En multipliant les critiques sur la gouvernance, la transparence et la responsabilité du président de la FIFA, l'UEFA semble désormais chercher à affaiblir durablement sa légitimité. Si les poursuites évoquées aboutissent ou si d'autres confédérations rejoignent cette démarche, la bataille ouverte autour du projet FFE pourrait rapidement se transformer en crise institutionnelle majeure, avec des conséquences directes sur l'avenir de Gianni Infantino à la tête du football mondial.