Exclusif : Qu’est-ce qui motive vraiment le football saoudien ? Ben Jacobs révèle la vision d’ensemble
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L’ascension fulgurante du football saoudien a souvent été réduite à une seule idée : l’argent. Mais selon le journaliste Ben Jacobs, interrogé par Foot Africa, la véritable histoire est en pleine évolution.
L’attention ne se porte plus uniquement sur les dépenses de transferts, mais sur la capacité des clubs saoudiens à construire un écosystème footballistique durable et compétitif.
Des dépenses records à l’ambition structurelle
Impossible de nier l’ampleur des investissements. Les clubs de la Saudi Pro League ont dépensé un montant record de 957 millions de dollars à l’été 2023, selon Deloitte, bouleversant le marché mondial des transferts.
Mais depuis, le récit a changé. Le plan à long terme de la ligue s’articule désormais autour de la gouvernance, du développement des joueurs et de la viabilité financière.
Le 6 avril 2026, le ministère des Sports a lancé la deuxième phase de son projet d’investissement et de privatisation des clubs sportifs, ouvrant la porte aux investisseurs locaux et internationaux.
Cela marque une transition claire : passer d’une dépense agressive à une croissance structurée.

Construire un nouveau modèle footballistique
La transformation du football saoudien ne s’est pas faite du jour au lendemain. Les fondations ont été posées en 2023 grâce à une vaste campagne de privatisation.
Des clubs comme Al Hilal, Al Nassr, Al Ahli et Al Ittihad ont été restructurés en sociétés soutenues par le Fonds d’Investissement Public, aux côtés de fondations à but non lucratif.
Ailleurs, Al Qadsiah est passé sous le giron d’Aramco tandis que NEOM SC, promu en première division le 22 avril 2025, incarne un projet de développement sur le long terme.
L’objectif est quantifiable. Les chiffres officiels visent à augmenter les revenus de la ligue de 450 millions SAR à plus de 1,8 milliard SAR, tandis que la valeur du marché devrait passer de 3 à plus de 8 milliards SAR.
Bien plus qu’un marché des transferts
Pour Jacobs, l’essentiel est que l’Arabie saoudite cherche à bâtir un véritable écosystème, pas seulement à dominer les gros titres du mercato.
Cela inclut des contrôles réglementaires. Les clubs sont limités à 10 joueurs étrangers, dont seulement huit peuvent figurer sur la feuille de match, deux places étant réservées aux jeunes talents. La ligue a également introduit des directives de durabilité visant à aligner les dépenses sur la valeur sportive.
Ce cadre remet en cause le discours habituel sur la « bulle du football ».
Une relation changeante avec l’Europe
Loin d’être de simples perturbateurs, les clubs saoudiens s’intègrent de plus en plus à l’économie globale du football.
Un exemple : en janvier 2025, Al Nassr a recruté Jhon Duran d’Aston Villa pour 64 millions de livres sterling, un transfert qui a satisfait les deux parties. Pour les clubs européens, la demande saoudienne offre parfois une certaine flexibilité financière au bon moment.
L’épreuve du temps
La prochaine phase sera décisive pour la réussite du projet. Les dépenses ne suffisent plus à elles seules à faire la différence.
Les clubs saoudiens seront jugés sur leur capacité à :
- former des joueurs
- générer des revenus indépendants
- fonctionner comme des entreprises footballistiques stables
Les premières années ont attiré l’attention du monde entier. La suite déterminera la crédibilité du projet.
Le football saoudien s’est fait connaître par la taille de ses investissements. Son avenir dépendra de sa structure.
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