Focus sur le Maroc : Les Lions de l’Atlas, une génération au sommet de son art
Le Maroc disputera une Coupe du Monde pour la septième fois de leur histoire, et la troisième consécutive. Quatre ans après son exploit historique au Qatar, le premier demi-finaliste africain de l’histoire du Mondial revient avec de nouvelles ambitions.
On les appelle les Lions de l’Atlas. Mais en 2026, ils ne sont plus les outsiders admirés du football mondial. Ils sont devenus une référence. Depuis leur épopée au Qatar en 2022, où ils avaient atteint les demi-finales en éliminant notamment l’Espagne et le Portugal, les Marocains évoluent avec le statut d’une sélection capable de rivaliser avec les plus grandes nations de la planète.
Cette Coupe du Monde sera la septième participation du Maroc à une phase finale. Plus encore, elle marque la troisième présence consécutive des Lions de l’Atlas après les éditions 2018 et 2022. Une régularité qui témoigne de la progression spectaculaire du football marocain au cours de la dernière décennie.
Portée par une génération talentueuse mêlant expérience et jeunesse, la sélection chérifienne ne se contente plus de viser une qualification pour les huitièmes de finale. Elle aspire désormais à s’installer durablement parmi les meilleures équipes du monde.
Parcours jusqu'à la Coupe du Monde
Le Maroc a traversé les éliminatoires africaines avec une impressionnante maîtrise. Placés dans le groupe E en compagnie de la Zambie, de la Tanzanie, du Niger, du Congo et de l’Érythrée, les Lions de l’Atlas n’ont jamais semblé menacés.
Les hommes de Mohamed Ouahbi ont multiplié les démonstrations offensives, notamment lors d’un succès 6-0 face au Congo et d’une victoire 5-0 contre le Niger. À l’extérieur également, le Maroc a confirmé sa supériorité avec des succès convaincants en Tanzanie, en Zambie et au Niger.
Au terme de la campagne, les Lions terminent largement en tête de leur groupe avec 24 points et la meilleure différence de buts des qualifications africaines. Une qualification acquise avec autorité, sans véritable moment de doute.
Cette domination a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient déjà : le Maroc n’est plus seulement une puissance continentale, mais un candidat crédible aux grands rendez-vous internationaux.
Le programme au premier tour
Le Maroc a hérité d’un groupe particulièrement intéressant pour son entrée dans la Coupe du Monde 2026. Opposés au Brésil, à l’Écosse et à Haïti, les Lions de l’Atlas devront rapidement trouver leur rythme dans une poule qui mêle une grande puissance mondiale, une sélection européenne réputée pour sa discipline et une équipe caribéenne ambitieuse.
Le premier rendez-vous aura des allures de finale avant l’heure. Le 13 juin, au MetLife Stadium de New York, les hommes de Mohamed Ouahbi défieront le Brésil dans l’une des affiches les plus attendues du premier tour. Cette rencontre permettra immédiatement d’évaluer les ambitions réelles du Maroc dans la compétition. Quatre ans après avoir atteint les demi-finales au Qatar, les Lions de l’Atlas auront l’occasion de démontrer qu’ils peuvent désormais regarder les géants du football mondial droit dans les yeux. Un résultat positif face à la Seleção pourrait leur offrir un avantage psychologique considérable pour la suite du tournoi.
Six jours plus tard, le Maroc retrouvera l’Écosse au Gillette Stadium de Boston. Sur le papier, cette rencontre pourrait être décisive dans la course à la qualification. Les Écossais se distinguent traditionnellement par leur engagement physique, leur discipline tactique et leur capacité à rendre les matchs particulièrement fermés. Les Marocains devront faire preuve de patience et de créativité pour contourner un bloc qui devrait privilégier l’organisation défensive. Cette affiche pourrait peser lourd dans la hiérarchie finale du groupe.
Enfin, le 24 juin, les Lions de l’Atlas concluront la phase de groupes face à Haïti au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Si les Haïtiens apparaissent comme les outsiders de la poule, ils représentent néanmoins une sélection capable de poser des problèmes grâce à sa vitesse d’exécution et à son enthousiasme offensif. Le Maroc devra éviter tout excès de confiance dans une rencontre qui pourrait être déterminante, notamment si la qualification se joue lors de cette dernière journée.
L’un des avantages du Maroc réside également dans la localisation de ses rencontres. Les trois matchs se dérouleront sur la côte Est des États-Unis, limitant les déplacements et les effets de fatigue liés aux longs voyages qui caractérisent cette Coupe du Monde organisée sur un immense territoire. Cette stabilité logistique pourrait constituer un atout non négligeable dans la gestion du tournoi.
Joueur vedette à suivre : Achraf Hakimi
À 27 ans, Achraf Hakimi est devenu le symbole de cette génération marocaine. Formé au Real Madrid avant de briller au Borussia Dortmund, à l’Inter Milan puis au Paris Saint-Germain, le latéral droit est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs joueurs à son poste dans le monde. Sa vitesse, son volume de jeu et sa capacité à influencer les rencontres font de lui une arme unique.
Capitaine et leader technique de la sélection, Hakimi totalise près d’une centaine de sélections et possède déjà une solide expérience des grands rendez-vous internationaux. Sous les ordres de Luis Enrique au PSG, il a développé un profil encore plus complet, capable d’évoluer dans des zones intérieures pour participer à la construction du jeu. Cette évolution tactique pourrait s’avérer précieuse durant le Mondial.
Si le Maroc veut aller loin, son numéro 2 devra être à son meilleur niveau.
Portrait du sélectionneur : Mohamed Ouahbi
Le Maroc a ouvert un nouveau chapitre en mars 2026 en confiant sa sélection à Mohamed Ouahbi. Né en Belgique de parents marocains, le technicien de 49 ans s’est construit une solide réputation dans la formation des jeunes. Après de longues années passées au centre de formation d’Anderlecht, il rejoint les sélections nationales marocaines et conduit les U20 vers un titre mondial historique en 2025.
Son arrivée chez les A symbolise la volonté de la Fédération royale marocaine de football de miser sur la continuité et sur le développement de la nouvelle génération.
Entouré notamment de João Sacramento, ancien adjoint de José Mourinho et de Mauricio Pochettino, Ouahbi prône un football moderne, exigeant et adaptable aux qualités de ses joueurs.
Son principal défi sera de succéder à Walid Regragui tout en conservant l’identité qui a permis au Maroc de marquer l’histoire en 2022.
Analyse tactique
Le Maroc devrait évoluer dans un système proche du 4-3-3. La base de son jeu repose sur une organisation défensive rigoureuse et des transitions offensives rapides. Devant la défense, Sofyan Amrabat joue un rôle essentiel d’équilibrage tandis qu’Azzedine Ounahi et Bilal El Khannouss apportent créativité et fluidité dans les circuits de passes.
Sur les côtés, les montées incessantes d’Achraf Hakimi et de Noussair Mazraoui permettent de créer constamment le surnombre. En attaque, Brahim Diaz, Soufiane Rahimi, Ayoub El Kaabi ou encore Abde Ezzalzouli offrent plusieurs profils complémentaires. Cette diversité permet au Maroc de s’adapter à différents scénarios de match.
L’une des principales qualités de cette équipe reste sa capacité à défendre en bloc compact avant de se projeter très rapidement vers l’avant.
Un candidat crédible, mais sous pression
Le Maroc arrive à la Coupe du Monde 2026 avec un statut inédit dans son histoire. Depuis son parcours exceptionnel au Qatar en 2022, les Lions de l’Atlas ne sont plus considérés comme une équipe capable de créer la surprise, mais comme une sélection que les plus grandes nations respectent et préparent avec attention. Cette nouvelle réalité s’accompagne d’atouts considérables, mais également de défis qui pourraient peser sur leur parcours.
Les forces
La première force du Maroc réside dans sa solidité défensive. Depuis plusieurs années, les Lions de l’Atlas se distinguent par leur organisation collective, leur discipline tactique et leur capacité à souffrir sans rompre. Avec Yassine Bounou dans les buts, Nayef Aguerd en défense centrale et les latéraux Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui, le Maroc dispose d'une arrière-garde capable de rivaliser avec les meilleures du tournoi. Cette stabilité défensive a été l'une des clés de l'exploit de 2022 et demeure aujourd'hui l'une des grandes garanties de l'équipe.
L'expérience constitue également un atout majeur. Plusieurs cadres de l'effectif ont participé aux Coupes du Monde 2018 et 2022. Hakimi, Bounou, Amrabat ou encore Ounahi connaissent parfaitement les exigences du très haut niveau international. Cette expérience pourrait faire la différence dans les moments de tension, notamment lors des rencontres à élimination directe.
Le Maroc bénéficie également d'une génération particulièrement riche en talent. Jamais ou presque les Lions de l’Atlas n'ont pu compter sur autant de joueurs évoluant dans les grands championnats européens. Entre Brahim Diaz au Real Madrid, Hakimi au PSG, Mazraoui à Manchester United ou encore El Khannouss en Bundesliga, la qualité individuelle est présente dans toutes les lignes.
Enfin, la profondeur de l'effectif représente une véritable force. Contrairement à plusieurs sélections africaines qui dépendent fortement de quelques individualités, le Maroc dispose de nombreuses solutions de rechange. Cette richesse permet au sélectionneur de modifier son approche tactique selon les adversaires et de compenser plus facilement les blessures ou les suspensions.
Les faiblesses
Malgré ses qualités, le Maroc n'est pas exempt de points d'interrogation. Le premier concerne la dépendance à Achraf Hakimi. Bien plus qu'un simple latéral droit, le capitaine est devenu le moteur offensif de l'équipe. Une baisse de forme ou une blessure du joueur du PSG pourrait considérablement réduire les capacités de projection et de création du collectif marocain.
Le changement récent de sélectionneur constitue également une inconnue. Mohamed Ouahbi a pris ses fonctions seulement quelques mois avant le début du tournoi. Même s'il connaît parfaitement le football marocain, le temps dont il dispose pour imposer ses idées reste limité. La transition entre l'ère Walid Regragui et son propre projet devra être parfaitement maîtrisée pour éviter toute perte de repères.
La pression représente un autre facteur important. En 2022, le Maroc avançait dans la peau d'un outsider. En 2026, les attentes sont immenses. Chaque adversaire abordera désormais les Lions de l’Atlas avec beaucoup plus de prudence et de respect. Gérer ce nouveau statut sera l'un des grands défis psychologiques du tournoi.
Enfin, certaines absences privent l'équipe de solutions offensives supplémentaires. La nouvelle génération devra rapidement assumer davantage de responsabilités pour compenser ces manques et maintenir le niveau de dangerosité observé ces dernières années.
Au final, le Maroc possède probablement l'effectif le plus complet du football africain à l'approche de ce Mondial. Mais pour transformer ce potentiel en performance, les Lions devront réussir à gérer les attentes, préserver leurs cadres et s'adapter rapidement aux exigences d'un tournoi où le moindre détail peut faire basculer un destin.
Pronostic pour le tournoi
Le Maroc aborde cette Coupe du Monde avec des ambitions légitimes. Les Lions de l’Atlas disposent de l’un des effectifs les plus talentueux de leur histoire et possèdent désormais une expérience précieuse des grands rendez-vous.
La qualification pour les huitièmes de finale apparaît comme un minimum. Si le groupe conserve sa solidité défensive et que ses leaders répondent présents, une présence en quarts de finale semble tout à fait envisageable.
Au-delà, tout dépendra des confrontations à élimination directe et de la capacité du Maroc à reproduire l’intensité qui avait fait sa force au Qatar.
Liste complète des 26 joueurs
Gardiens
- Yassine Bounou (Al-Hilal)
- Munir El Kajoui (RS Berkane)
- Ahmed Reda Tagnaouti (FAR Rabat)
Défenseurs
- Achraf Hakimi (PSG)
- Noussair Mazraoui (Manchester United)
- Nayef Aguerd (Olympique de Marseille)
- Chadi Riad (Crystal Palace)
- Issa Diop (Fulham)
- Anass Salah-Eddine (PSV Eindhoven)
- Mohamed Belammari (Al-Ahly)
- Zakaria El Ouahdi (Sunderland)
- Redouane Halhal (Malines)
Milieux
- Sofyan Amrabat (Fenerbahçe)
- Azzedine Ounahi (Gérone)
- Bilal El Khannouss (Stuttgart)
- Ismael Saibari (PSV Eindhoven)
- Neil El Aynaoui (AS Rome)
- Ayyoub Bouaddi (Lille)
- Samir El Mourabet (Strasbourg)
Attaquants
- Brahim Diaz (Real Madrid)
- Soufiane Rahimi (Al-Aïn)
- Ayoub El Kaabi (Olympiakos)
- Abde Ezzalzouli (Betis Séville)
- Chemsdine Talbi (Sunderland)
- Gessime Yassine (Strasbourg)
- Ayoube Amaimouni (Eintracht Francfort)
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