La FIFA en crise : les manœuvres étonnantes de Gianni Infantino pour garder son poste
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, fait face à une grave crise de leadership alors que les principales fédérations retirent officiellement leur soutien après l'échec de son plan d'investissement commercial.
Les conséquences du projet d’investissement abandonné
Infantino est plongé dans une tempête politique majeure ces derniers jours. La polémique provient de sa proposition controversée de vendre des parts minoritaires des droits commerciaux de la FIFA à des investisseurs privés extérieurs, lesquels auraient obtenu un droit de regard sur les grandes compétitions comme la Coupe du monde.
Face à la farouche opposition de plusieurs confédérations continentales, Infantino a finalement été contraint d’abandonner ce projet de plusieurs milliards de dollars. Mais ce repli n’a pas suffi à calmer la colère.
Au contraire, cela a déclenché des appels immédiats à un vote de défiance et des exigences pour qu’il démissionne avant les prochaines élections présidentielles de la FIFA l’an prochain.
Retrait de soutien et rivaux émergents
L’opposition est menée de front par l’UEFA et la CONCACAF. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, cherche activement à retirer officiellement le soutien européen à Infantino.
La Fédération galloise de football (FAW) a officiellement annoncé aujourd’hui qu’elle retirait son soutien et la Fédération anglaise préparerait une lettre officielle pour retirer le soutien apporté plus tôt cet été.
La pression monte également en Amérique du Nord. Plusieurs membres de la CONCACAF prévoient de retirer officiellement leur appui, menés par leur président Victor Montagliani. Le dirigeant canadien apparaît désormais comme un candidat sérieux pour défier l’administrateur suisse lors des prochaines élections à la présidence.
Par ailleurs, selon le journaliste sportif Ben Jacobs, Infantino aurait sollicité un soutien politique auprès de membres de l’administration Trump aux États-Unis, tentant d’obtenir un appui de haut niveau pour se maintenir en poste.
La lutte mondiale pour le pouvoir
En dépit de la rébellion européenne et nord-américaine, destituer le président reste mathématiquement complexe. L’UEFA dispose de 55 voix mais un vote de défiance nécessite une majorité de 106 voix sur les 211 associations membres de la FIFA.
Les nations européennes ne peuvent pas évincer Infantino sans une défection significative d’autres régions du monde.
Actuellement, Infantino bénéficie toujours d’un solide soutien de la Confédération africaine de football (CAF). De plus, des associations nationales comme celles du Qatar et du Sri Lanka ont publiquement réaffirmé leur appui au dirigeant suisse, même si la Confédération asiatique de football a exprimé des réserves sur ses premiers projets commerciaux.
Une fracture politique qui s’aggrave
La crise actuelle a révélé une profonde fracture politique au sein du football international. La stratégie d’Infantino, fondée sur la supériorité numérique des fédérations africaines et asiatiques, se heurte désormais au poids financier et historique de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
Si l’UEFA et la CONCACAF sont parvenues à faire avorter le projet de fonds d’investissement privé, écarter complètement un président de la FIFA en exercice qui conserve la loyauté de la CAF nécessitera une campagne politique mondiale agressive et hautement coordonnée.
Quelle suite ?
Infantino et son entourage procèdent actuellement à une évaluation approfondie de ses soutiens mondiaux afin de déterminer s’il dispose de la majorité nécessaire pour survivre à la fronde en cours.
Si l’UEFA et la CONCACAF parviennent à rallier suffisamment d’associations membres d’autres continents pour atteindre le seuil de 106 voix, un Congrès extraordinaire de la FIFA pourrait être convoqué pour réclamer officiellement un vote de défiance.