Le piège du dopage en Afrique : des talents brisés par les suspensions et ceux qui renaissent de leurs cendres
La confirmation d'une suspension de quatre ans pour dopage infligée à l'attaquant égyptien Ramadan Sobhi a ravivé l'attention portée à l'application des règles antidopage dans le football africain, rappelant plusieurs affaires très médiatisées au cours desquelles des joueurs continentaux de premier plan ont subi de graves interruptions de carrière.
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André Onana : ingestion accidentelle et retour au plus haut niveau
Le joueur africain moderne le plus connu à avoir fait l'objet de sanctions antidopage est l'international camerounais André Onana. En février 2021, l'UEFA a infligé une suspension de 12 mois au gardien après la détection de furosémide dans son échantillon d'urine alors qu'il évoluait à l'Ajax.
Onana a affirmé avoir ingéré la substance par erreur en prenant un médicament sur ordonnance appartenant à son épouse au lieu de paracétamol classique.
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a reconnu qu'Onana n'avait pas agi avec une intention frauduleuse visant à améliorer ses performances, réduisant par la suite sa suspension à neuf mois.
Le gardien a repris sa carrière au plus haut niveau, rejoignant successivement l'Inter Milan et Manchester United, avant de partir à Trabzonspor.
Youcef Belaïli : d'une suspension de plusieurs années au titre de champion continental
L'ailier algérien Youcef Belaïli a connu une crise qui a failli mettre un terme à sa carrière en 2015 alors qu'il représentait l'USM Alger en Ligue des champions de la CAF. La Confédération africaine de football (CAF) lui a initialement infligé une suspension de quatre ans après un contrôle positif à la cocaïne.
Après un appel et un réexamen devant le Tribunal arbitral du sport, la sanction a été réduite de moitié, à deux ans.
Belaïli a purgé sa suspension en 2017 et a retrouvé sa forme grâce à des passages en Ligue 1 avec Angers et dans l'élite tunisienne avec l'Espérance de Tunis.
Son retour au premier plan a atteint son apogée avec un rôle déterminant au sein de l'équipe nationale algérienne, qu'il a aidée à remporter la Coupe d'Afrique des nations 2019 en Égypte.
Sylvain Gbohouo et Youssef Mosrati : des sanctions maximales et des tournois manqués
D'autres affaires sur le continent ont eu des conséquences professionnelles dévastatrices en raison du moment où elles sont survenues et de l'âge des joueurs. Le gardien ivoirien expérimenté Sylvain Gbohouo a été suspendu 18 mois par la FIFA après un contrôle positif à la trimétazidine, un stimulant interdit, peu avant la Coupe d'Afrique des nations 2021.
Cette suspension a privé le joueur de 33 ans du tournoi et a, de fait, fermé la porte à la poursuite de sa carrière internationale avec les Éléphants.
De même, le milieu de terrain tunisien Youssef Mosrati a écopé d'une suspension maximale de quatre ans infligée par la FIFA à la suite d'un contrôle de routine effectué au niveau national alors qu'il évoluait au CS Hammam-Lif. En l'absence d'arguments atténuants recevables ou de preuves de contamination, les instances dirigeantes internationales appliquent régulièrement le cadre standard de sanctions pluriannuelles.
Responsabilité objective et gravité de la manipulation des échantillons
La jurisprudence antidopage appliquée par l'Agence mondiale antidopage (AMA), la FIFA et le TAS adhère strictement au principe de la « responsabilité objective », selon lequel les joueurs sont entièrement responsables des substances trouvées dans leur organisme, quelle que soit leur intention.
Les affaires impliquant des erreurs de médication accidentelles, comme celle d'Onana, laissent des possibilités juridiques limitées d'obtenir une réduction de peine lorsqu'une preuve claire est présentée.
En revanche, les accusations portant sur l'utilisation délibérée de substances récréatives ou sur la manipulation d'échantillons entraînent les sanctions réglementaires les plus lourdes. Une suspension de quatre ans représente la sanction la plus sévère en dehors d'une suspension à vie et conduit souvent à une retraite forcée, sauf si elle est annulée avec succès en appel.