L'Égypte a bâti le rêve pendant 79 minutes — puis Messi et l’Argentine l’ont arraché
L’Argentine a orchestré une remontée époustouflante, s’imposant 3-2 face à l’Égypte à Atlanta mardi, survivant à une immense frayeur grâce à des exploits tardifs en Coupe du monde.
Un plan défensif irréprochable
Pendant 79 minutes, la leçon tactique de Hossam Hassan a fonctionné à la perfection. Les Pharaons ont frappé les premiers à la 15e minute, lorsque Yasser Ibrahim a catapulté une superbe tête au fond des filets d’Emiliano Martinez.
La situation s’est encore assombrie pour les Sud-Américains quelques instants plus tard. Haissem Hassan a concédé un penalty à la 19e minute, mais le gardien Mostafa Shobeir a réalisé un arrêt exceptionnel face à Lionel Messi, préservant l’avantage surprise et frustrant profondément les champions du monde en titre.
Frustration VAR et éclairs en contre-attaque
L’Égypte a absorbé la possession sans relâche, attendant patiemment l’opportunité de déclencher des transitions éclaires. Un contre foudroyant a semblé doubler la mise à la 58e minute, mais la VAR a, non sans controverse, annulé le but de Mostafa Zico pour une faute au départ de l’action.
Impassibles, les Africains ont frappé à nouveau neuf minutes plus tard. Une séquence fulgurante orchestrée par Mohamed Salah et Haissem Hassan a trouvé Zico totalement démarqué dans la surface, et cette fois, la finition implacable a bien compté. À 2-0, le stade sentait venir un exploit monumental.
L’effondrement en 14 minutes
Alors que leur parcours semblait s’évaporer, l’Argentine a abandonné la construction patiente pour lancer un assaut physique désespéré.
À la 79e minute, Cristian Romero a ravivé l’espoir en claquant une tête puissante sur un centre de Messi. Quatre minutes plus tard, le capitaine argentin s’est racheté de son penalty manqué en égalisant dans une séquence frénétique.
Le coup de grâce est tombé au bout du temps additionnel. Lautaro Martinez a expédié un ballon désespéré vers Enzo Fernandez, qui a inscrit une tête victorieuse à la 92e minute, arrachant la victoire.
Controverse finale et fatigue tactique
Le dénouement a été marqué par une vive controverse. The Guardian a rapporté la fureur du banc égyptien, estimant qu’Alexis Mac Allister avait clairement fait tomber Hamdy Fathy dans la surface juste avant la transition victorieuse de l’Argentine.
Ces protestations ignorées ont valu un carton jaune à Shobeir et un carton rouge à un membre du staff égyptien.
D’un point de vue tactique, les ajustements tardifs de Lionel Scaloni ont forcé le double pivot égyptien, épuisé, à céder, ouvrant de larges espaces sur les côtés qui ont fini par déstabiliser le bloc défensif jusque-là impénétrable des Pharaons.
Des échos de Rostov-sur-le-Don
Cette chronologie dévastatrice fait écho à l’un des scénarios les plus cruels de l’histoire moderne des huitièmes de finale de la Coupe du monde.
En 2018, lors des huitièmes, un Japon remarquablement organisé avait surpris la Belgique, grande favorite, en menant 2-0 en début de seconde période.
Face à une élimination humiliante, le sélectionneur Roberto Martinez avait délaissé le bloc médian pour inonder la surface de centres directs et puissants.
La Belgique avait inscrit trois buts tardifs, dont un vainqueur à la 94e minute sur une transition éclaire, prouvant que face à une opposition d’élite et désespérée, une avance de deux buts est souvent la plus dangereuse du football de tournoi.