Éliminatoires CAN 2027 : l’état des pelouses et les infrastructures au cœur des critiques
Les conditions de jeu suscitent déjà des réactions après les premières rencontres des éliminatoires de la CAN 2027. Au Togo, en Guinée-Bissau et en RDC notamment, l’état des pelouses a été pointé du doigt par des sélectionneurs ou fait l’objet de débats.
Après la victoire du Togo contre le Burundi (1-0), le sélectionneur Patrice Neveu n’a pas éludé la question du terrain du stade de Kégué. Le technicien français a estimé que l’état de la pelouse compliquait le jeu au sol de son équipe.
« L’état de la pelouse ne facilite pas du tout un jeu au sol rapide. C’est vraiment très compliqué », a-t-il déclaré après la rencontre.
Patrice Neveu a également comparé les conditions rencontrées à Lomé avec celles dont son équipe avait bénéficié lors de ses matchs au Maroc.
La remarque intervient alors que le Togo a entamé les éliminatoires par une victoire. Le résultat n’a donc pas effacé les interrogations sur la qualité de la surface de jeu.
À Bissau, la pluie complique la situation
En Guinée-Bissau, la pelouse du stade du 24-Septembre a également concentré l’attention avant la réception du Nigeria pour la deuxième journée. Le pays se trouve en pleine saison des pluies et les précipitations ont rendu les conditions plus difficiles.
Le sélectionneur guinéen Emiliano Té a reconnu que la pelouse n’était « pas l’une des meilleures », tout en soulignant que les fortes pluies compliquaient son entretien. Son homologue nigérian Eric Chelle, lui, a préféré ne pas porter de jugement avant d’avoir vu les conditions sur place.
Le problème est particulièrement sensible pour les équipes qui souhaitent développer un jeu basé sur la circulation rapide du ballon. Une surface humide, irrégulière ou saturée d’eau peut modifier la vitesse du ballon et rendre les appuis plus difficiles.
La nouvelle pelouse des Martyrs également discutée
À Kinshasa, la nouvelle pelouse du stade des Martyrs a elle aussi fait parler après la victoire de la RDC contre la Guinée équatoriale (2-0), le 24 septembre.
Sébastien Desabre a reconnu qu’il restait des progrès à accomplir, tout en soulignant une amélioration par rapport à l’ancienne surface. Le sélectionneur des Léopards a surtout estimé que la pelouse n’avait pas empêché son équipe de produire une bonne prestation.
Le cas congolais montre que toutes les critiques ne renvoient pas nécessairement à une pelouse impraticable. La question porte aussi sur le niveau de qualité attendu pour des rencontres internationales.
Des matches interrompus par des coupures de courant
Les problèmes ne s’arrêtent pas aux pelouses. La deuxième journée a également été marquée par des coupures d’électricité pendant des rencontres.
À Franceville, le match entre le Gabon et le Niger, mardi 29 septembre, a été interrompu après une panne de courant au stade de la Rénovation. L’Agence gabonaise de presse fait état d’une coupure d’une dizaine de minutes. Les joueurs ont dû patienter avant le rétablissement de l’éclairage.
Une situation similaire s’est produite en Zambie. Le match entre les Chipolopolo et le Togo, au Levy Mwanawasa Stadium de Ndola, a été momentanément arrêté en raison d’un problème affectant les projecteurs. La rencontre a pu reprendre après le rétablissement de l’éclairage.
Ces interruptions ont une conséquence immédiate : elles cassent le rythme d’une rencontre et imposent aux joueurs, aux entraîneurs et aux arbitres une attente inhabituelle en pleine compétition officielle.
Un problème qui dépasse les seules pelouses
Ces épisodes s’inscrivent dans un contexte plus large. Avant le début des éliminatoires, plusieurs sélections africaines ne disposaient pas d’un stade répondant aux critères d’homologation de la CAF et ont dû envisager de recevoir leurs adversaires dans un autre pays.
Les deux premières journées, programmées entre le 24 septembre et le 6 octobre 2026, réunissent 48 sélections réparties dans 12 groupes. La campagne se déroule donc dans des contextes d’infrastructures très différents selon les pays.
Les pelouses ne sont d’ailleurs pas partout un problème. À Bahir Dar, par exemple, le sélectionneur du Sénégal Patrick Vieira a au contraire salué la qualité du terrain avant d’affronter l’Éthiopie, évoquant « une belle pelouse ».
Après seulement deux journées, il serait donc excessif de parler d’un problème généralisé. Mais les critiques venues de plusieurs stades rappellent une réalité récurrente du football africain : la qualité des infrastructures peut encore peser directement sur les conditions dans lesquelles se disputent les matches internationaux.