Mondial 2026 : l’Argentine, sélection la plus ciblée par les messages haineux sur les réseaux sociaux
La sélection argentine a reçu davantage de messages hostiles que les autres équipes nationales pendant la Coupe du monde 2026, selon un rapport présenté par la FIFA le 9 octobre. Les accusations de favoritisme arbitral et les attaques xénophobes figurent parmi les principaux contenus recensés contre l’Albiceleste.
L’Argentine arrive en tête des sélections nationales les plus visées par les messages hostiles sur les réseaux sociaux pendant le Mondial 2026. Selon les données du Service de protection des réseaux sociaux de la FIFA (SMPS), rapportées par la presse argentine, l’Angleterre, l’Espagne, le Brésil et la Norvège figurent également parmi les équipes les plus ciblées.
Les accusations de favoritisme arbitral ont constitué l’un des principaux ressorts des attaques contre l’Albiceleste. Des internautes reprochaient à la FIFA, aux arbitres et à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) d’accorder un traitement préférentiel à l’équipe argentine. Des propos xénophobes ont également accompagné ces accusations.
Le rapport couvre la période du 9 juin au 20 juillet 2026. Le SMPS a examiné plus de 17,1 millions de publications et de commentaires sur les réseaux sociaux. Après une première sélection automatisée, 477 000 contenus ont fait l’objet d’un examen humain. Parmi eux, 240 000 ont été identifiés comme abusifs.
Les joueurs argentins moins ciblés que certaines autres sélections
Le classement change lorsque l’analyse porte sur les joueurs à titre individuel. Les footballeurs argentins occupent la quatrième place des effectifs les plus visés, derrière ceux de la France, de l’Angleterre et du Portugal, selon les données rapportées par Infobae.
Le racisme a constitué une part importante des attaques individuelles. Un joueur, dont l’identité n’a pas été rendue publique dans le compte rendu du rapport, a reçu plus de 10 000 messages abusifs vérifiés. Environ 40 % de ces contenus étaient racistes. Il a également été la cible d’insultes homophobes, sexistes et transphobes.
À l’échelle de l’ensemble du tournoi, les contenus racistes ont représenté 20 % des abus classés dans les catégories discriminatoires, hors insultes générales. Cette proportion était de 11 % pendant la phase de groupes. Les menaces de violence ont compté pour 14 % des cas recensés et les attaques xénophobes pour 12 %.
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Les arbitres particulièrement exposés aux menaces
Les officiels ont subi une part importante des attaques les plus graves. Les soupçons de corruption et d’arrangement de matchs ont notamment alimenté les messages dirigés contre eux. Certains ont aussi été victimes de tentatives de doxing, une pratique consistant à divulguer des informations personnelles pour faciliter le harcèlement.
Pour lutter contre ces abus, la FIFA a mobilisé son système de modération automatisée sur ses plateformes officielles et les canaux des fédérations participantes. L’outil a analysé 60,7 millions de messages et en a bloqué 9,2 millions avant leur diffusion publique, soit 15 % des interactions examinées par ce dispositif.
Le volet judiciaire du rapport fait état de 2 905 comptes susceptibles de faire l’objet d’une enquête pénale. La FIFA en a transmis 786 aux autorités policières pour examen. Parmi ces comptes, 232 présentaient des contenus particulièrement graves et menaçants, susceptibles de représenter un risque réel pour la sécurité.
La publication de ces données, le 9 octobre, intervient à la veille de la Journée mondiale de la santé mentale. La FIFA souligne que les abus en ligne peuvent affecter le bien-être psychologique des joueurs, des entraîneurs, des arbitres et de leurs proches.