Équipe d’Algérie : Vladimir Petkovic est parti… et maintenant ?
Après avoir rompu avec Vladimir Petkovic moins de deux mois après sa prolongation, la FAF doit désormais choisir entre cinq profils très différents.
C’est officiel depuis le 3 août : Vladimir Petkovic n’est plus le sélectionneur de l’Algérie. Arrivé en février 2024, le technicien quitte les Verts après deux ans et cinq mois. Pourtant, Vladimir Petkovic avait officiellement prolongé son contrat jusqu’en juillet 2028 le 7 juin dernier. Une décision déjà contestée lors de son annonce et qui apparaît aujourd’hui difficile à défendre.
La séparation rapide donne du poids aux réserves exprimées par une partie du public. La Fédération algérienne de football s’était engagée pour un nouveau cycle sans disposer de garanties suffisantes sur la capacité de Petkovic à faire progresser le jeu de la sélection. Avant l’annonce de son départ, la relation entre Petkovic et la FAF s’était transformée en véritable bras de fer contractuel. Une question s’impose désormais : qui peut réellement lui succéder ?
Petkovic : des chiffres flatteurs, mais le strict minimum
Vladimir Petkovic quitte l’Algérie après 33 rencontres, pour 23 victoires, cinq matchs nuls et cinq défaites. Son équipe a inscrit 76 buts et en a encaissé 31. Avec une moyenne de 2,24 points par match, il signe le meilleur ratio de sa carrière devant ses principaux passages à Young Boys (1,96), avec la Suisse (1,79), à la Lazio (1,67), à Lugano (1,47) et à Bordeaux (0,92).
Ces chiffres ne suffisent cependant pas à transformer son passage en réussite majeure. Petkovic a qualifié l’Algérie pour la Coupe du monde 2026 et atteint les quarts de finale de la CAN 2025, avant de franchir la phase de groupes du Mondial puis de s’incliner face à la Suisse en seizièmes de finale. Avec l’effectif dont il disposait et un format mondial élargi à 48 équipes, il a surtout rempli les objectifs minimaux. Son mandat n’a été accompagné ni d’un trophée ni d’une progression suffisamment claire dans le jeu.
Une préférence ibérique qui interroge
Éric Chelle et Hervé Renard ont rapidement été cités parmi les solutions possibles. Le premier reste néanmoins lié au Nigeria, tandis que le second est annoncé du côté de la Côte d’Ivoire après le départ d’Émerse Faé, sans officialisation à ce stade.
Selon les informations qui nous parviennent d’Algérie, la FAF aurait engagé des contacts avec cinq entraîneurs : Rafa Benítez, Roberto Martínez, Marcelino, Javi Gracia et José Peseiro. Quatre sont Espagnols et le cinquième Portugais, ce qui confirme une forte orientation vers l’école ibérique.
La Fédération souhaiterait installer un système de jeu identifiable et miserait sur la réputation technique du football espagnol. Ce raisonnement reste toutefois réducteur. La nationalité d’un entraîneur ne garantit aucune philosophie particulière. L’Italien Roberto De Zerbi incarne, par exemple, un football offensif et audacieux malgré l’image traditionnellement défensive associée à son pays. La FAF doit donc choisir une méthode et une personnalité, pas un passeport.
Rafa Benítez, le prestige d’hier
Rafa Benítez serait la priorité. Son palmarès demeure largement supérieur à celui des autres candidats : deux Liga et une Coupe UEFA avec Valence, une Ligue des champions, une Supercoupe d’Europe et une FA Cup avec Liverpool, une Ligue Europa avec Chelsea, une Coupe d’Italie avec Naples ainsi qu’une Coupe du monde des clubs avec l’Inter.
L’Espagnol restera éternellement associé au miracle d’Istanbul de 2005, mais il n’est plus le même chef d’orchestre. Depuis son passage au Real Madrid en 2015, il a occupé six postes en un peu plus de dix ans : Real Madrid, Newcastle, Dalian Pro, Everton, Celta Vigo et Panathinaïkos. Ses dernières expériences européennes ont été marquées par des résultats irréguliers et des passages parfois courts. Son nom rassure, mais son évolution récente impose une véritable réflexion.
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Quatre alternatives aux profils contrastés
Roberto Martínez possède la plus grande expérience internationale. Il a conduit la Belgique à la troisième place du Mondial 2018 et remporté la Ligue des nations 2025 avec le Portugal. Il avait auparavant gagné la FA Cup avec Wigan et le championnat de troisième division anglaise avec Swansea. Son football offensif séduit, même si ses résultats dans les grands rendez-vous ont souvent suscité des critiques.
Marcelino a remporté la Coupe du Roi avec Valence, la Supercoupe d’Espagne avec l’Athletic Bilbao et la deuxième division espagnole avec le Recreativo Huelva. Son travail collectif, son exigence tactique et sa capacité à construire rapidement une équipe compétitive représentent de solides arguments. Il ne possède toutefois aucune expérience à la tête d’une sélection.
Le palmarès de Javi Gracia est plus modeste. Il a remporté le championnat du Qatar avec Al-Sadd ainsi que deux titres de troisième division espagnole. Finaliste de la FA Cup avec Watford en 2019, il dispose d’une expérience variée, mais son profil paraît moins prestigieux et moins adapté à l’urgence entourant les Verts.
José Peseiro connaît mieux le football international et africain. Vainqueur de la Coupe de la Ligue portugaise avec Braga, il a également conduit le Sporting Portugal en finale de la Coupe UEFA et le Nigeria en finale de la CAN 2023. Son expérience du continent constitue un avantage, même si son palmarès reste limité.
Une décision qui doit devenir collective
La FAF devrait prochainement organiser plusieurs réunions afin de définir sa feuille de route. Avant de choisir un nom, elle doit déterminer l’identité de jeu recherchée, les objectifs de la CAN 2027, la place accordée aux jeunes et les compétences nécessaires pour gérer la pression entourant la sélection.
Après une prolongation de Petkovic rapidement abandonnée, un nouveau choix unilatéral serait difficilement compréhensible. Le futur sélectionneur devra être retenu pour la cohérence de son projet et sa capacité à faire progresser l’équipe, pas uniquement pour son nom ou sa nationalité.