Équipe d'Algérie, Vladimir Petkovic, ... : le strict minimum, jusqu'à quand ?
Éliminée dès les seizièmes de finale du Mondial 2026, l'Algérie replonge dans ses doutes : manque d'identité, ambitions revues à la baisse et avenir de Petkovic en question.
Aujourd’hui, à 6h du matin, le rêve de l’Algérie de rejoindre les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 a pris fin après une défaite sans appel face à la Suisse, 2 buts à 0. Une déception, des regrets et, quelque part, une évidence. Un mélange de mélancolie a frappé tout un peuple algérien, fou amoureux de son équipe nationale et du ballon rond.
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En effet, comme à chaque compétition, qu’elle soit internationale ou continentale, le peuple algérien se mobilise, espère, y croit, mais au final, il n’est presque jamais récompensé. Et cela commence malheureusement à devenir une habitude. Si tous les espoirs étaient au rendez-vous, l’équipe, elle, n’y était pas vraiment.
Un Mondial pas à la hauteur des attentes
Après une phase de groupes plus ou moins gérée, malgré une lourde défaite face à l’Argentine, 3 buts à 0, sans même avoir réellement essayé et c’est justement cela qui nous met, nous, le peuple d’en bas, hors de nous, les Fennecs ont ensuite souffert face à la Jordanie. Menée au score par une équipe, soit dit en passant, loin d’être fameuse, voire faible, avec tout le respect qu’on lui doit, l’Algérie a réussi à revenir à l’arraché grâce à deux corners et des buts de Benbouali et Gouiri. De quoi se poser encore plus de questions sur le fond de jeu de cette équipe. Le strict minimum, tout simplement.
Lors de son dernier match de poule, l’Algérie avait besoin d’un nul face à l’Autriche, déjà qualifiée. C’est ce qui s’est passé, avec un 3-3 spectaculaire, mais encore une fois, seulement le strict minimum. Et à force, cela commence à faire beaucoup. Les Verts ont fini par se qualifier en seizièmes en tant que l’un des huit meilleurs troisièmes de la compétition, pour affronter la Suisse et non l’Espagne. Une chance pour nous. Ou peut-être pas…
En seizièmes, l’Algérie affrontait donc la Suisse, une équipe certes joueuse, mais pas non plus imprenable, même si elle possède de grands noms comme Xhaka, Akanji, Embolo et bien d’autres. Le début de match est plutôt intéressant. Les Verts ont même l’occasion d’ouvrir le score, mais Aouar manque le cadre. Sur le premier contre, la Suisse nous punit. Et à partir de là, c’est le néant. On essaye, mais rien ne vient. La Nati nous a gérés comme des amateurs, et je suis encore gentil.
Au retour des vestiaires, sur une énième faute individuelle, Belghali dégage plein axe. Ndoye récupère, frappe, et cela fait 2-0. Le match est plié dès la 46e minute. De quoi nourrir encore plus de frustration.
Soyons honnêtes : nous savions tous que l’Algérie ne reviendrait jamais au score, même si le match avait duré trois jours. Face à une maîtrise suisse presque parfaite, les Verts semblaient perdus, sans idée, sans plan clair, incapables de proposer autre chose que quelques fulgurances individuelles… quand il y en avait.
Des interrogations sur le schéma, le fond de jeu et les idées de Vladimir Petkovic
Déjà pointé du doigt depuis plus d'un an, que ce soit lors des matchs amicaux, des rencontres de qualification ou d'autres échéances, le rendement de l'équipe nationale n'a guère évolué. Bien au contraire, il a laissé les supporters de plus en plus perplexes.
Durant les derniers mois précédant la Coupe du Monde 2026, l'Algérie a évolué à plusieurs reprises avec une défense à trois, aussi bien en 3-4-3 qu'en 3-5-2, avec des compositions de joueurs totalement différentes. Nous pensions alors que Vladimir Petkovic était arrivé à la même conclusion que beaucoup d'entre nous : la charnière Mandi-Bensebaïni ne fonctionnait pas, pour une raison ou une autre. La meilleure solution semblait donc être le passage à trois défenseurs afin de sécuriser le secteur défensif, comme nous l'avait d'ailleurs parfaitement expliqué l'ancien international algérien, Khaled Lemmouchia, en exclusivité pour Foot-Africa.
Et puis, à la surprise générale, pour le premier match de la Coupe du Monde, Petkovic est revenu à une défense à quatre. De quoi laisser plus d'un supporter bouche bée. Un fou ou un génie ? Je miserais volontiers une pièce sur la première proposition… mais bon.
D'ailleurs, même le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale algérienne, Islam Slimani, l'a souligné après l'élimination face à la Suisse, sur les plateaux de beIN Sports, en évoquant le fond de jeu quasi inexistant des Verts :
« Le problème n'est pas de jouer avec un attaquant de pointe ou un faux neuf, mais l'absence d'une identité claire. Depuis près de deux ans, on voit l'équipe alterner entre les deux systèmes sans qu'il y ait une réelle continuité. »
Et, sur ce point, il est difficile de lui donner tort.
Le strict minimum : jusqu'à quand ?
Déjà fortement critiqué après sa campagne africaine lors de la CAN 2025 au Maroc et une élimination en quart de finale face au Nigeria, avec un inquiétant zéro tir cadré durant toute la rencontre, Vladimir Petkovic avait néanmoins été conforté par une qualification pour la Coupe du Monde 2026 et une présence au deuxième tour du Mondial.
Mais soyons clairs : ce ne sont pas les attentes d'une nation comme l'Algérie. Ce ne sont pas les objectifs que doit se fixer un sélectionneur de l'équipe nationale. L'Algérie dispose des moyens humains et matériels nécessaires pour voir plus grand. Alors, le strict minimum, nous n'en voulons plus.
Nous avons les joueurs, les infrastructures et le potentiel pour aller très loin dans n'importe quelle compétition que nous disputons. Et nous devons le faire. Il est temps d'en finir avec cette mentalité qui consiste à se satisfaire d'une simple participation.
Cette philosophie semble pourtant avoir trouvé un écho chez le staff de Vladimir Petkovic. La preuve, après l'élimination face à la Suisse, son adjoint Davide Morandi a déclaré :
« Nous ne devons pas voir uniquement les aspects négatifs, nous avons aussi mis en difficulté la sélection suisse. »
Des propos qui ont davantage mis les supporters en colère, avec le sentiment d'être pris pour je ne sais quoi.
Aux décideurs de l'équipe nationale algérienne, le message est clair : nous ne voulons plus du strict minimum. Nous voulons de l'ambition, une véritable structure, un fond de jeu identifiable, des trophées, des exploits et tout ce qui accompagne les grandes nations de football.
Ce n'est pas parce que nous sommes l'Algérie que nous devons exiger l'impossible. C'est justement parce que nous sommes l'Algérie que nous devons cesser de nous contenter du minimum.
Un nouveau contrat qui pose question
Après tout ce que l'on a vécu avec Vladimir Petkovic depuis son arrivée à la tête de l'équipe nationale d'Algérie, le technicien suisse a pourtant réussi à convaincre, on ne sait comment, les décideurs de lui accorder un nouveau contrat de deux ans, accompagné d'une revalorisation salariale.
D'après plusieurs médias algériens, le sélectionneur national percevrait désormais environ 160 000 euros par mois, faisant de lui le sélectionneur le mieux payé du continent africain, soit presque le double du deuxième du classement, Carlos Queiroz, qui toucherait environ 84 000 euros mensuels avec le Ghana. De quoi susciter de réelles interrogations.
À cela s'ajoutent des primes liées à des objectifs qui paraissent, aux yeux de nombreux supporters, bien trop modestes pour une sélection comme l'Algérie : atteindre les quarts de finale de la CAN, se qualifier pour la Coupe du Monde ou encore sortir de la phase de groupes du Mondial.
On peut comprendre que ce renouvellement, intervenu à l'aube de la Coupe du Monde, visait à apporter de la stabilité au groupe et à travailler dans la continuité. Mais une question se pose : que se passe-t-il si le sélectionneur échoue ? Et si le projet n'aboutit pas ? Nous espérons sincèrement qu'une clause a été prévue dans son contrat pour faire face à ce genre de scénario.
Pour le moment, malgré la désillusion face à la Suisse, Vladimir Petkovic ne semble pas avoir l'intention de quitter son poste et souhaite poursuivre l'aventure. Mais l'opinion publique algérienne, elle, est loin de partager cet avis.
La suite ? Wait and see…