CAN 2027 : cinq pays qui pourraient remplacer le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda comme hôtes
À moins de huit mois du début de la CAN 2027, Foot Africa examine cinq pays qui pourraient raisonnablement être envisagés comme hôtes de secours si le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda ne parvenaient pas à satisfaire aux exigences de la CAF.
Le tournoi doit se dérouler du 19 juin au 17 juillet 2027, avec 24 équipes nationales en compétition dans les trois pays d’Afrique de l’Est.
Malgré les informations faisant état de retards dans les infrastructures, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a rejeté à plusieurs reprises la possibilité d’un plan d’organisation alternatif.
Cependant, cela a soulevé des questions sur les dispositions prévues en cas d’imprévu.
Alors, si une décision d’urgence devenait nécessaire, quels pays pourraient réellement organiser le tournoi ?
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Cinq alternatives possibles : l’évaluation de Foot Africa
- Maroc
Le Maroc présente un dossier convaincant grâce à son expérience récente en matière d’organisation.
Le pays a accueilli la CAN 2025 dans neuf stades répartis sur six villes, démontrant sa capacité à recevoir un tournoi continental à 24 équipes.
Ses infrastructures à Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès constituent une base solide pour une nouvelle compétition.
Du point de vue de Foot Africa, cette expérience récente ferait du Maroc un pays évident à examiner dans le cadre de toute évaluation d’urgence.
Un élément important doit toutefois être pris en compte : la Coupe du monde de la FIFA 2030.
Le Maroc poursuit le développement de ses infrastructures et la modernisation de ses stades en vue de ce tournoi, notamment avec la construction du Grand Stade Hassan II près de Casablanca.
La question cruciale serait de savoir quels stades existants pourraient être disponibles en juin 2027 sans perturber les travaux de construction ou les projets de modernisation programmés.
L’expérience récente du Maroc lors de la CAN constitue un avantage, mais elle ne garantit pas automatiquement la disponibilité des stades.
- Égypte
L’Égypte présente un élément particulièrement pertinent dans le débat actuel : l’expérience de la reprise de l’organisation d’une Coupe d’Afrique des nations dans un délai très court.
Après que la CAF a retiré l’organisation de l’édition 2019 au Cameroun, l’Égypte s’est vu attribuer les droits d’accueil le 8 janvier, un peu plus de cinq mois avant le début de la compétition.
Le pays a ensuite organisé la première CAN à 24 équipes dans six stades répartis sur quatre villes.
Ce précédent fait de l’Égypte une option crédible à évaluer si la CAF était contrainte de prendre une nouvelle décision d’urgence.
Le stade international du Caire, ainsi que les infrastructures d’Alexandrie, d’Ismaïlia et de Suez, faisaient partie du dispositif d’accueil de 2019.
Selon l’évaluation de Foot Africa, le principal atout de l’Égypte ne réside pas seulement dans ses infrastructures sportives, mais aussi dans sa capacité démontrée à coordonner les exigences organisationnelles d’un tournoi majeur dans un délai de préparation réduit.
Néanmoins, toute nouvelle attribution nécessiterait de nouvelles inspections techniques, des garanties financières et la confirmation du soutien des autorités.
- Afrique du Sud
L’Afrique du Sud possède l’un des palmarès les plus établis du continent en matière d’organisation de grands événements.
Elle a accueilli la Coupe du monde de la FIFA 2010 et la Coupe d’Afrique des nations 2013, avec notamment le FNB Stadium de Johannesburg et le Moses Mabhida Stadium de Durban.
Le pays avait également présenté une candidature pour remplacer le Cameroun comme hôte de la CAN 2019, avant que la CAF ne choisisse finalement l’Égypte.
Ces expériences témoignent de l’existence d’infrastructures administratives et sportives capables d’accueillir une grande compétition internationale.
La question pratique serait toutefois de savoir si suffisamment de stades, de terrains d’entraînement et de structures d’hébergement pourraient être mobilisés aux dates requises en 2027.
Un accord d’organisation d’urgence nécessiterait également l’approbation du gouvernement et un engagement opérationnel conséquent.
- Algérie
L’Algérie a investi dans ses infrastructures footballistiques et a organisé avec succès le Championnat d’Afrique des nations au début de l’année 2023.
Cette compétition s’est déroulée dans quatre stades principaux à Alger, Oran, Constantine et Annaba.
Des infrastructures telles que le stade Nelson-Mandela et le stade Miloud-Hadefi démontrent la capacité du pays à accueillir du football international.
Le Championnat d’Afrique des nations et la Coupe d’Afrique des nations à 24 équipes diffèrent toutefois par leur envergure et leurs exigences opérationnelles.
Les infrastructures algériennes justifieraient un examen technique, mais la CAF devrait déterminer si suffisamment de sites adaptés et d’infrastructures d’accompagnement pourraient être disponibles.
La volonté des autorités algériennes d’assumer l’organisation en urgence serait tout aussi importante.
- Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire dispose d’un autre atout : une organisation relativement récente qui pourrait servir de base à une nouvelle édition.
Le pays a accueilli la CAN 2023, disputée en janvier et février 2024, dans six stades répartis sur cinq villes.
Ces infrastructures comprenaient le stade Alassane-Ouattara à Abidjan, le stade de la Paix à Bouaké, ainsi que des enceintes à Yamoussoukro, Korhogo et San Pedro.
Ces installations ont été développées pour accueillir le même format de tournoi à 24 équipes.
La Côte d’Ivoire pourrait donc être envisagée dans le cadre d’une hypothétique évaluation d’urgence sans devoir lancer de zéro un vaste programme de développement des stades.
La CAF devrait toutefois réévaluer l’état des enceintes, leur disponibilité opérationnelle et la volonté des autorités du pays d’organiser une nouvelle compétition dans un délai très court.
Le principal obstacle ne sera peut-être pas les stades
Bien que les cinq pays disposent d’infrastructures et d’une expérience pertinentes en matière d’organisation, déplacer la CAN 2027 impliquerait bien davantage que de trouver des enceintes adaptées.
La mission d’inspection de la CAF en septembre 2026 a examiné les capacités d’hébergement, les aéroports, les transports, la sûreté, la sécurité, les infrastructures d’entraînement et les exigences en matière de retransmission, en plus des stades.
Un hôte alternatif devrait satisfaire à ces exigences tout en coordonnant la billetterie, la logistique des équipes, les accords commerciaux et les garanties gouvernementales dans un délai qui se réduit rapidement.
Le format des qualifications pour la CAN 2027 ajoute une complication supplémentaire.
Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda disposent actuellement de places automatiques en tant que coorganisateurs du tournoi. Tout changement dans l’organisation pourrait donc contraindre la CAF à clarifier les conséquences sur les qualifications.
Quand la CAF devrait-elle prendre une décision ?
Aucune date limite définitive et confirmée publiquement n’a été fixée pour décider si la CAN 2027 doit être déplacée.
Janvier 2027 est toutefois devenu une étape importante du calendrier des inspections, après l’annonce par Motsepe d’une nouvelle mission d’évaluation.
Il resterait alors environ cinq mois avant le match d’ouverture prévu.
L’expérience de l’Égypte en 2019 démontre qu’une organisation d’urgence dans un délai similaire est possible, mais elle ne garantit pas que la même approche réussirait dans des circonstances différentes.
Plus la CAF attendra, plus il pourrait devenir difficile de réorganiser les dispositifs opérationnels du tournoi.
Le verdict de Foot Africa : quelles options méritent un examen sérieux ?
Compte tenu de l’expérience récente en matière de tournois et des infrastructures déjà démontrées, le Maroc et l’Égypte présentent des dossiers particulièrement pertinents pour une première évaluation d’urgence.
Le Maroc a l’avantage d’avoir récemment organisé une CAN à 24 équipes dans neuf stades, tandis que l’Égypte dispose du précédent le plus direct pour reprendre la compétition après un changement d’hôte de dernière minute.
L’Afrique du Sud offre également une vaste expérience de l’organisation de compétitions internationales, tandis que la Côte d’Ivoire et l’Algérie possèdent des infrastructures qui méritent d’être prises en considération.
Cependant, aucun de ces pays ne peut être considéré comme immédiatement disponible sans nouvelles inspections techniques et engagements officiels des gouvernements.
La question fondamentale n’est pas simplement de savoir quel pays possède le plus de stades, mais lequel serait capable de rendre opérationnel un tournoi entier dans le temps limité restant.
Pour l’instant, la CAF reste engagée en faveur du projet PAMOJA.
Comme l’a expliqué précédemment le journaliste ghanéen Micky Jnr dans un entretien exclusif accordé à Foot Africa, Motsepe a constamment rejeté les plans d’organisation alternatifs, tandis que l’état de préparation des trois pays reste soumis à une évaluation technique.
Pour Foot Africa, l’étude d’alternatives potentielles constitue un exercice raisonnable d’évaluation des risques, et non la preuve que la CAF a l’intention de retirer le tournoi à l’Afrique de l’Est.
Jusqu’à ce que l’instance dirigeante annonce le contraire, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda restent les hôtes légitimes de la CAN 2027.